La Ministry of Health & Quality of Life Transport Workers Union (MHTWU) a rencontré, mardi dernier,  le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo. Après avoir eu des garanties à l’effet que leurs griefs seront pris en considération et après que certaines de leurs demandes ont été agréées, la manifestation prévue le 22 août a été annulée. Il n’en demeure pas moins que le fonctionnement des services ambulanciers demande à être revu dans les meilleurs délais.
Insécurité et mauvaises conditions de travail rythment le quotidien des ambulanciers. Jusqu’à mardi dernier, leurs nombreuses doléances adressées au ministère de la Santé demeuraient toujours sans réponse. Pourtant, la situation ne cessait d’empirer. La dernière mésaventure en date, une ambulance saccagée lors d’une sortie pour récupérer un patient à Bois-Marchand. Frustrés et démotivés, ces employés, regroupés au sein de la MHTWU, n’ont cessé de réclamer de meilleures conditions de travail et une refonte du service.
Le travail d’un ambulancier n’est pas de tout repos. Au contraire, expliquent les membres de la MHTWU, déplorant les frustrations accumulées depuis plusieurs années. À titre d’exemple, ils expliquent que lorsqu’ils sont mandés pour transporter un patient à l’hôpital en cas d’urgence, souvent, ils sont malmenés par le patient lui-même ou ses proches. Ces personnes ayant contacté le 114 espèrent en effet un véhicule du SAMU à la place d’une ambulance et expriment leur mécontentement lorsqu’elles voient arriver un van du ministère de la Santé à leur domicile. Les agressions verbales et physiques font partie du quotidien des ambulanciers, expliquent ces derniers, qui déplorent également le fait qu’ils servent très souvent de chauffeurs à des patients qui réclament d’être déposés ailleurs que chez eux à leur sortie de l’hôpital.
Ces employés du ministère de la Santé font également face à un problème de transport lorsqu’ils ont terminé leur service après 23h. “À cette heure, il n’y a pas de transport. Soit on doit trouver un bon samaritain, soit on reste sur notre lieu de travail jusqu’au lendemain”, explique l’un d’entre eux. Et de faire ressortir que si les ambulanciers travaillent sur un shift system, ils n’ont pas de lunch/dinner time. Les ambulanciers font aussi ressortir, comme l’a souligné le dernier rapport de l’Audit qui pointe du doigt la mauvaise qualité des véhicules servant d’ambulances, que les véhicules dans lesquels ils travaillent ne sont pas dans tous les cas de vraies ambulances. “Des fois, dès que c’est écrit Ministry of Health sur le van, nous l’utilisons pour transporter des patients, car d’autres ambulances sont prises ailleurs”, expliquent-ils.
Et de faire ressortir que si le ministère de la Santé a fait l’acquisition de deux ambulances dernier cri pour le transport des malades cardiaques, celles-ci ne sont pas de service après 16h en semaine et après midi le samedi. Ces ambulances spécialisées ne sortent également pas le dimanche et les jours fériés. “C’est une aberration lorsqu’on tient en compte que, selon les statistiques du ministère de la Santé lui-même, la majorité des malades cardiaques fait appel à nos services d’urgence dans la soirée.”
Rappelant aussi qu’ils sont les premières personnes en contact avec un malade qui doit être conduit à l’hôpital, ils expriment leurs craintes quant aux risques de contracter certaines maladies contagieuses. D’où leurs requêtes pour un check-up médical au moins une fois par an. Ils réclament également la désinfection des ambulances le plus fréquemment possible. Pour le syndicat, il est urgent d’enclencher une refonte du service. “Cela, pour le bien-être des ambulanciers, mais aussi pour qu’on puisse offrir un meilleur service aux patients”, dit-il.