Prévenir les risques sanitaires liés à l’alimentation et plus largement à l’utilisation des produits dans la vie quotidienne, c’est la mission que se sont fixée, depuis environ 50 ans, les laboratoires Mérieux Nutrisciences. Désormais, avec la société mauricienne QuantiLAB, dont la réputation n’est plus à faire,  l’expertise de Mérieux NutriSciences sera à la portée des Mauriciens. Un partenariat de cinq ans, dont la signature a eu lieu vendredi dernier dans les locaux de QuantiLAB à Phoenix, qui vise à offrir aux industriels et au gouvernement une gamme complète de services d’analyses et de conseil pour assurer la sécurité et la qualité des produits impactant sur la santé des consommateurs. Cette collaboration permettra de même à Maurice d’être une plate-forme reconnue et unique dans la région Afrique.
De neuf employés il y a à peine un an, QuantiLAB — qui analysait les échantillons du Mauritius Turf Club, et a été depuis racheté par un consortium privé — accrédité ISO 17025, est passé à 24 employés et compte des professionnels de diverses nationalités ainsi qu’une palette de 45 clients Mauriciens aussi bien qu’étrangers. Les services de cette société mauricienne qui s’appuie sur des appareils d’analyses de pointe et dont la réputation est reconnue au niveau national et international, touchent trois domaines : l’environnemental (eau, air, sol) ; l’alimentation (avec des méthodes d’analyses pour détecter le contenu des aliments, d’éventuelles contaminations, et la présence de corps toxiques, dont les pesticides) ; et également le secteur pharmaceutique. En s’associant avec les laboratoires Mérieux NutriSciences, QuantiLAB renforce son expertise au bénéfice du citoyen lambda mauricien. Le partenariat avec Mérieux Nutrisicens se déclinera en services de conseil technique sur le site, d’audit (hygiène, GMP, HACCP ), de formation, dont l’hygiène, et  d’évaluation des risques et d’échantillonnage de la lésionnelle, entre autres. C’est ce qu’a fait ressortir le Senior Vice-President de Mérieux, Jean-François Billet, lors d’une conférence de presse. 
Une réputation plus à faire
Indiquant que la société Mérieux comprend 5,500 chercheurs et un réseau de 80 laboratoires d’analyses dans une vingtaine de pays à travers le monde, Jean-François Billet souligne que le laboratoire international opère dans une logique de santé publique. «Nous aidons les agents à s’assurer que les produits qui sont consommés soient de qualité», dit-il, faisant ressortir que son installation ici représente aussi, outre l’aide experte qui sera apportée à QuantiLAB, une opportunité d’utiliser Maurice comme plate-forme pour la région Afrique. C’est dans cette optique que Mérieux NutriSciences annonce l’ouverture d’une nouvelle filiale à Maurice. «Petit à petit, on se développe dans le monde entier et Maurice représente une plate-forme pour nous développer sur le reste de l’Afrique», dit-il, insistant sur le potentiel de QuantiLAB, un laboratoire multidisciplinaire.
C’est aussi ce que fait ressortir le Chairman de QuantiLAB, Michel Guy Rivalland, certain que cet accord sera très bénéfique à la population mauricienne. Selon lui, «Maurice avait besoin d’un laboratoire multidisciplinaire. Aujourd’hui, on a quelque chose qui a de l’avenir. Nous avons 118 méthodes sous accréditation. Maurice, c’est vraiment un service pour la région.» Et la réputation de la société mauricienne dans le domaine n’est plus à faire, rappelle le Managing Director Bertrand Baudot, soulignant que «nous avons des clients prestigieux dans les quatre coins du globe qui ont recours à nous.»
Pesticides : un problème national
S’il est un fait aujourd’hui que la présence des pesticides dans les fruits et légumes est une inquiétude majeure des consommateurs, dont les Mauriciens qui ne sont pas rassurés au vu de la prévalence du cancer au sein de la population, pour Jean-François Billet, «il ne s’agit pas d’un problème qui peut être résolu par QuantiLAB ou Mérieux. Cette responsabilité revient principalement aux gouvernements.» Selon lui, il importe de contrôler le niveau de pesticides dans les plantations et parallèlement, il faut une surveillance de toute la chaîne allant de la production à la distribution, avec des analyses certifiées pour s’assurer que le consommateur a droit et accès à des produits sains. «Nous, on s’assure qu’on ait des outils très performants pour analyser ces produits», dit-il. Il est rejoint par Bertrand Baudot qui rappelle que QuantiLAB est le seul laboratoire à Maurice qui peut analyser 457 pesticides à des seuils prescrits par la loi. Le Managing Director de QuantiLAB note qu’outre une clientèle déjà prédisposée pour ce type d’analyse, le gouvernement a pris conscience de ce problème dans le dernier budget.
Si QuantiLAB vise à aider les Mauriciens à savoir ce qu’ils respirent, boivent et mangent, son rôle n’est toutefois pas de se substituer aux autorités, précise Michel Guy Rivalland qui répondait à une question relative à l’éventualité que le laboratoire effectue des analyses ponctuelles sur le taux de pesticides dans les fruits et légumes pour aider les Mauriciens à avoir une idée de ce qu’ils mangent vraiment. «Nous sommes là pour analyser, mais ne pouvons devenir le policier de ce secteur», dit-il, soulignant que QuantiLAB fera de son mieux pour aider les autorités dans leurs démarches d’une consommation plus saine pour la population. C’est d’ailleurs l’avis de Paul Stewart, African Business Development Mérieux, qui estime que «nous devons être prudents et ne pas créer une frayeur. Mais nous pouvons et allons travailler avec le gouvernement et le conseiller.»