Intervenant lors de la réception offerte par HSBC Mauritius pour marquer le Nouvel An chinois, le président de la Financial Services Commission (FSC), Rajesh Ramloll, a plaidé pour l’élargissement et l’approfondissement du marché des capitaux. « Sans le développement du marché des capitaux, il sera difficile pour Maurice de jouer le rôle qu’il s’est fixé dans la région dont le COMESA et en Afrique francophone », a déclaré Rajesh Ramloll. Pour ce dernier, il devient de plus en plus difficile de vendre le centre financier mauricien pour ses attraits fiscaux uniquement.
Commentant les différentes mesures annoncées récemment dans le discours-programme 2015-2019 du gouvernement concernant le développement du secteur des services financiers, le président de la FSC a déclaré que ces propositions sont « very promising » et contiennent un fort potentiel de croissance et de création d’emplois. Cependant, a-t-il souligné, il est impérieux de donner plus de profondeur au marché des capitaux et de rehausser son potentiel en capitalisant à la fois sur le marché des actions, des obligations et des produits dérivés. Rajesh Ramloll pose la question de savoir s’il ne faudrait pas, au-delà des titres obligataires émis par des institutions ou sociétés, penser à la transformation des crédits bancaires obtenus par des sociétés en des titres obligataires qui pourraient être échangés sur le marché. De telles transactions, ajoute-t-il, devraient se faire dans un cadre régulatoire approprié. Rajesh Ramloll est également d’avis que le marché devrait être en mesure d’attirer des gestionnaires d’actifs régionaux et globaux susceptibles de lancer des fonds spéciaux ciblant le marché des actions aussi bien que les obligations.
« There has to be upfront recognition that the Capital market can only be viable if it is regional and global in perspective », a soutenu le président de la FSC. L’institution qu’il préside, et qui agit comme régulateur du marché des services financiers non bancaires, s’évertue à établir un équilibre en une approche favorable au développement des affaires et l’application des normes de surveillance stricte du marché. Rajesh Ramloll est convaincu que la compétitivité du centre financier de Maurice se trouve dans la diversification de ses stratégies de développement. Pour que notre centre financier soit reconnu comme étant bien réglementé, il faudrait avoir recours à l’expertise et l’expérience des professionnels en vue de booster la confiance des investisseurs. La question, a-t-il fait comprendre, est prise au sérieux par la FSC.
Le secteur des services financiers a aussi d’autres défis à relever. Ce secteur pèse aujourd’hui pour environ 10,3 % du Produit intérieur brut du pays et enregistre un taux de croissance moyen de 5,4 %. C’est un pourvoyeur d’emplois et est bien intégré à l’économie réelle du pays. Il faut, a insisté le président de la FSC, toujours veiller à ce que la réputation de Maurice ne soit pas « infringed by identification with financial crime and other abusive practices ». Les enjeux sont énormes. L’environnement financier international, a soutenu Rajesh Ramloll, n’est pas serein. Maurice doit faire face à une concurrence farouche. Les institutions étrangères sont de plus en plus sur la brèche et réclament plus de transparence fiscale et appellent à un échange automatique d’informations sur les opérations transfrontalières.
Le président de la FSC est catégorique : « Il devient de plus en plus difficile de faire la promotion du centre financier mauricien que pour les avantages fiscaux qu’il offre. « Not only are our competitors watching us but NGOs such as Action Aid and Tax Justice Network are also joining the party », a-t-il rappelé. Rahesh Ramloll a fait ressortir qu’il est primordial d’avoir plus d’activités de substance dans notre centre financier et d’oeuvrer pour une vraie intégration du secteur du Global Business à l’économie réelle du pays. « It is clear to me that we should look beyond our tax treaties », a-t-il fait comprendre.