Intervenant cette semaine à un symposium organisé par la Mauritian Management Association à l’hôtel Le Méridien, Pointe-aux-Piments, le premier gouverneur adjoint de la Banque de Maurice, Yandraduth Googoolye, a observé qu’il y a d’énormes opportunités à saisir dans la région pour le secteur des services financiers mauriciens, que ce soit au niveau du financement des activités purement commerciales ou à celui de la structuration des investissements en Afrique.
Maurice, affirme Yandraduth Googoolye, a un avantage comparatif dans plusieurs segments d’activités du secteur financier par rapport à plusieurs pays de la région. Cependant, bien que le pays demeure une économie très ouverte au plan commercial, les exportations et importations de services financiers en pourcentage du Produit Intérieur Brut sont relativement basses de par les normes internationales. « The opportunities for leveraging off our financial services skills and expertise, in the region and beyond, are potentially enormous », soutient le N°2 de la banque centrale. Il a fait état de la forte contribution du secteur financier à la production nationale, à l’emploi, à la croissance et au développement économique du pays. Le secteur, a-t-il annoncé, représente directement environ 10 % du PIB et emploie près de 12 000 personnes, soit 4 % des emplois totaux. Mais indirectement, le secteur financier apporte une plus forte contribution à l’emploi sous forme d’externalisation de certains services (légaux, comptables, administratifs, technologiques et travaux de données, entre autres).
Yandraduth Googoolye considère que les opérateurs économiques locaux ont intérêt à exploiter au mieux les opportunités offertes par l’appartenance de Maurice aux blocs régionaux tels la SADC et le COMESA, les accords de non-double imposition signés avec divers pays africains ainsi que par la plateforme financière mauricienne dans son rôle de pont entre l’Asie et l’Afrique.
La BoM, a-t-il poursuivi, continue à mettre tout en oeuvre pour rendre la juridiction mauricienne plus crédible et transparente. « The bank of Mauritius has always maintained a consistent and prudent approach in its regulatory oversight, and the recent global financial crisis has proved us right in our conviction that a properly regulated jurisdiction promotes financial stability and enhances the level of confidence in the financial system ». Yandraduth Googoolye a parlé des efforts pour promouvoir l’indépendance des banques commerciales locales et renforcer la résilience du secteur bancaire. Il a fait référence aux nombreuses directives émises par la banque centrale pour s’assurer d’une gestion efficace des risques, de la bonne gouvernance des banques, et pour mieux lutter contre les activités de blanchiment d’argent. Les autorités bancaires, dit-il, considèrent prioritaire leur rôle de surveillance du secteur bancaire, et envisagent de signer de nouveaux protocoles de coopération avec des banques centrales africaines pour un meilleur suivi général des activités des banques étrangères mais aussi celles des opérations des banques domestiques. « We are gearing our efforts towards establishment of supervisory colleges in the African region to foster supervisory cooperation ».
Par ailleurs, le premier gouverneur adjoint de la BoM a fait état des nouvelles directives sur la bonne gouvernance dans le secteur bancaire, faisant remarquer que la BoM insiste pour que la présidence du conseil d’administration d’une banque locale soit assurée par un directeur indépendant. De plus, la banque centrale recommande aux branches des banques étrangères de nommer des conseils consultatifs.
Yandraduth Googoolye est convaincu que la proximité géographique de Maurice avec l’Afrique donne au pays l’occasion de diversifier ses marchés et pense que la collaboration des différents acteurs économiques l’aidera à mieux jouer son rôle de hub financier régional.