Les révélations des Panama Papers, avec l’opération de l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), et des documents relatifs à au moins 1 200 sociétés, 53 clients et 25 bénéficiaires opérant à Maurice, sonnent le réveil dans l’offshore. À Maurice, où 25 000 sociétés enregistrées, GBC I et GBC 2 confondues contribuent 6,5% des revenus au niveau des impôts, la situation fait l’objet d’un monitoring systématique avec la mise sur pied d’une task-force conjointe de la Financial Services Commission, de la Financial Intelligence Unit et de la police.
Les révélations des Panama Papers, avec l’opération de l’International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ), et des documents relatifs à au moins 1 200 sociétés, 53 clients et 25 bénéficiaires opérant à Maurice, sonnent le réveil dans l’offshore. À Maurice, où 25 000 sociétés enregistrées, GBC I et GBC 2 confondues contribuent 6,5% des revenus au niveau des impôts, la situation fait l’objet d’un monitoring systématique avec la mise sur pied d’une task-force conjointe de la Financial Services Commission, de la Financial Intelligence Unit et de la police.
 Un autre facteur poussant les autorités à faire preuve de vigilance est que dans le dernier rapport en date du Fonds monétaire international (FMI) sur les Article IV Consultations sur Maurice de 2015, le Panama, les îles Vierges et les îles Caïmans font partie des « sources of bank loans to non-residents » à hauteur de 8%, soit un taux nettement supérieur aux 5% des États-Unis. Si l’on inclut les 10% en provenance des Seychelles, un autre centre offshore, ces juridictions assurent un contrepoids aux 16% de la Grande-Bretagne ou encore les 13% de la France. Ces chiffres, qui remontent à juin 2015, émanent des autorités mauriciennes, des IMF Staff Estimates sur des données fournies par 18 plus importantes banques commerciales. Dans ce même rapport, le FMI note que « profiting from tax exemptions on foreign-sourced income, GBCs have become a key pillar of the economy, and account for assets estimated at over US $630 billion, some 50 times the level of GDP ».
Virulente attaque
 Dans la conjoncture, les autorités mauriciennes ne veulent rien laisser au hasard compte tenu de la dimension délicate de ce secteur économique. Elles veulent procéder par étape vu que pour se défendre contre toute pratique illégitime ou illégale, la société Mossack Fonseca de Panama affirme avec force être de tout reproche et que « we conduct thorough due diligence on all new and prospective clients that often exceeds in stringency the existing rules and standards to which we and others are bound. Many of our clients come through established and reputable law firms and financial institutions across the world, including the major correspondent banks, which are also bound by international ‘know your client’ protocols and their own domestic regulations and laws. »
 Dans l’immédiat, les experts de la FSC travaillant de concert avec ceux de la FIU et de la police complètent le groundwork en vue de soumettre un rapport aux autorités pour l’élaboration d’un plan d’action pour préserver l’intégrité du secteur des services financiers et également contrer la campagne internationale qui pourrait être orchestrée et susceptible de porter préjudice à Maurice. D’ailleurs, au lendemain de la publication des Panama Papers au début de ce mois, Maurice a été présentée de manière négative avec le processus de redomiciliasation d’importantes sociétés internationales pour des raisons d’évasion fiscale.
 Ces derniers jours, Oxfam s’est jointe à la partie avec une virulente attaque contre l’offshore mauricien. Ainsi, dans des commentaires publiés dans la presse internationale, cette ONG prend à partie l’International Finance Corporation (IFC), le bras des investissements privés de la Banque mondiale, pour avoir privilégié Maurice. « The report showed that while the World Bank’s private lending arm lent money to 68 companies in 2015 for investments in Africa, 51 of the 68 companies use tax havens that have no apparent link to their core business », note Oxfam.
 Avant de s’en prendre directement à Maurice, Oxfam révèle que le portefeuille des investissements de l’IFC est de $ 3,4 milliards en 2015 pour 68 projets identifiés. “Of this amount, US $ 2.878 billion was associated with tax havens through the IFC’s clients”, poursuit cette ONG, qui cloue au pilori l’offshore de Maurice. “Mauritius is the most preferred tax haven, with 40% of the IFC’s projects involving companies linked to the offshore financial centre. The group wants the World Bank to ensure that its clients are paying their fare share of taxes”, indique Oxfam, acculant les institutions de Bretton Woods à rectifier le tir au nom des “twin goals of eliminating poverty and boosting shared prosperity.”
 La partie ne s’annonce nullement facile devant la succession de leaks attribuées à l’ICIJ Offshore Data Base en général.