Les allégations de Ponzi Scheme, impliquant deux Management Companies opérant dans l’offshore à Maurice et enregistrée auprès de la Financial Services Commission (FSC), suscitent de grosses appréhensions à Maurice aussi bien qu’à l’étranger. En moins d’une semaine, le régulateur dans le secteur des services financiers, la FSC, est passé à l’action de manière décisive contre Lancelot Global PCC et Four Elements PCC. Après la suspension des permis d’opérations de ces deux sociétés, opérant sous la Belvedere Management Company, la FSC a pris hier la décision de les placer sous administration judiciaire aux termes de la section 74 (5) de la Financial Services Act et du règlement 13 des Securities (Collective Investment Schemes and Closed End Funds) Regulations. Les autorités en Afrique du Sud, qui suivent de près les déboires de ces Management Companies, ont confié à Hawks, le Directorate for Prority Crime Investigation, une enquête sur les allégations de fraude et de détournement contre Belvedere Management Company.
Ce matin, les deux Joint Administrators, Mushtaq Oosman et Rajeev Basgeet, nommés par la FSC, ont pris le contrôle des opérations de Lancelot Global PCC et de Four Elements PCC. En adoptant cette ligne, la FSC dit agir « in accordabnce with section 48  (1)b of the FSA and in the best interest of the investors ». Ces deux Management Companies se trouvaient dans le viseur des autorités depuis octobre de l’année dernière. Depuis, aucune amélioration n’a été notée.
Le premier avertissement contre Lancelot Global PCC remonte au 20 octobre 2014, le FSC soutenant : « On the basis of the findings of the investigation conducted at the registered office of the company, and in accordabce with its functions to protect consumers of financial services, the FSC Mauritius has initiated enforcement actions against the company. Kindly note that the company is still subject to enforcement actions by the FSC Mauritius. »
La FSC rappelle que, depuis la fin de l’année dernière, cette Management Company avait été interdite de poursuivre ses opérations. « You would note that direction letter was issued to the company whereby amongst others, the company was required not to take any new business/investir pending compliance with the other directions to the satisfaction of the FSC Mauritius. » Une nette indication de la gravité de la situation et des problèmes identifiés par le régulateur lors de cette inspection.
Depuis la fin de la semaine dernière, la Stock Exchange de Maurice a annoncé formellement « the withdrawal of the following cells of Lancelot Global PCC from the Official Market Stock Exchange of Mauritius Ltd : Commodities Partners International and KEDC Fund ». Cette décision fait suite à la suspension des permis de Global Business de cette Management Company par la FSC.
Interrogé ce matin, l’un des Joint Adminustrators, à savoir Mushtaq Ooslan, a déclaré : « Nous venons d’être nommés. Nous allons procéder à un constat de la situation sur la base des informations qui sont disponibles et qui peuvent être récupérées. À ce stade, nous ne pouvons dire grand-chose, sauf que nous avons un délai de six à huit semaines pour soumettre un rapport, faisant office d’état des lieux. »
Entre-temps, sur le plan international, les cas de Belvedere Management Company, de Lancelot Global PCC et de Four Elements PCC, opérant dans l’offshore, sociétés au coeur d’un des plus importants scandales de Ponzi Scheme présumé au monde, sont suivis avec attention dans les principaux centres financiers, que ce soit à Londres, en Afrique du Sud ou, même, en Nouvelle-Zélande. Dans ce dernier pays, la révocation de permis de ces compagnies par la FSC a fait l’objet d’une IOSCO Investor Alerts depuis hier, mettant en garde les investisseurs contre des risques potentiels dans des dealings.
En Afrique du Sud, les autorités sont allées plus loin avec l’entrée en scène de Hawks, une unité spécialisée dans des enquêtes sur des crimes en col blanc. « Hawks confirmed that the Serious Economic Offences unit of the crime fighting unit will be investigating the South African arm of the Belvedere Management Group, a multibillion-dollar financial services operation », souligne la presse sud-africaine vu le nombre d’investisseurs de ce pays qui pourraient être victimes de ce Ponzi Scheme.
La presse sud-africaine ajoute : « Belvedere, which is operated out of Mauritius, is already under scrutiny by British and US authorities. The company, according to its website, provides financial services including administration, stock-broking, life insurance and asset management on a global scale. It also administers several hedge funds (soit au moins 125). »
La dernière décision de la FSC, avec la nomination de deux Joint Administrators sur les deux Management Companies sous le contrôle de Belvedere Management Company, ne viendra que confirmer les doutes et alimenter le climat d’appréhensions autour de ce qui pourrait être « one of the biggest financial crilinal enterprises in history » avec des avoirs évalués à quelque £ 16 milliards, soit… Rs 500 milliards !