Roshi Bhadain, à la tête du nouveau ministère des Services financiers, de la Bonne gouvernance et de la Réforme des institutions, trouve qu’« il y a déjà une très bonne équipe au ministère des Finances qui s’occupe des services financiers ». Par ailleurs, il concède que beaucoup de travaux doivent être « commencés à zéro » dans la discipline, car « la bonne gouvernance c’est de mettre de l’ordre dans tout ce désordre », dit-il.
« Il y a déjà une très bonne équipe au ministère des Finances qui s’occupe des Services financiers, mais au ministère de la Bonne gouvernance et de la Réforme des institutions, il faut commencer à zéro, car ce ministère n’existait pas », a déclaré le nouveau ministre.
En ce qu’il s’agit des services financiers, poursuit notre interlocuteur, il faudra mettre Maurice sur l’échiquier international comme un centre financier international, surtout comme une « gateway » (porte) vers l’Afrique. « Comme tout le système offshore tombe sous l’ombrelle du ministère des Services financiers, le défi consiste à prendre Maurice là où elle est en termes de centre financier et aller beaucoup plus haut et le faire devenir un véritable « gateway » vers l’Afrique. Il s’agit également de revisiter toutes les possibilités existantes en Europe et en Asie », explique-t-il.
Pour atteindre ces objectifs, Roshi Bhadain ajoute qu’il y a beaucoup à faire. « Malheureusement, pendant longtemps, rien n’a été fait, surtout en ce qui concerne le développement de nouveaux créneaux touchant aux services financiers. En revanche, dans le monde, de nouveaux produits financiers et de nouvelles méthodologies ont été développés. En outre, il y a eu des évolutions significatives ces dernières années dans les lois relatives aux services financiers ».
Maurice doit, par conséquent, s’atteler au plus vite pour d’une part rattraper ce retard et d’autre part être au diapason de cette modernité, poursuit notre interlocuteur. « N’oublions pas que Maurice joue là dans la cour des grands et qu’elle doit apprendre à faire face à la compétition des autres centres financiers de niveau international. Donc, rattraper le retard, se mettre à jour et identifier les opportunités pour dépasser les autres et aller beaucoup plus loin. Je pense ici aux opportunités qu’on a en Afrique », précise-t-il.
Par rapport au volet de la réforme des institutions de son ministère, Roshi Bhadain dit que cela lui permettra d’innover en termes de méthodologie dans les ministères et dans les corps para-étatiques. « Cela pour venir avec un système moderne. Quand on parle de gaspillage, par exemple, il nous paraît grand temps de nous asseoir et de voir si l’existence de tous ces corps para-étatiques est justifiée », indique-t-il.
Cet objectif, ajoute le nouveau ministre, ne diminue en rien la pertinence et l’existence des corps para-étatiques importants et performants. « Comment redéfinir les corps para-étatiques pour les rendre davantage efficients ? Nous parlons ici d’efficience en termes de coûts, mais surtout en termes de résultats attendus », insiste-t-il.
Concernant la bonne gouvernance, Roshi Bhadain rappelle qu’il a eu l’occasion, dans le passé, de travailler en tant que professionnel, sur la STC, la CWA, le CEB, entre autres. « Tous les ans, chacun de ces corps para-étatiques prépare ces prévisions budgétaires, mais personne ne s’assoit pour évaluer sa performance et se demander s’il fait son optimum. Est-ce que c’est la meilleure façon de faire les choses ? ».
De même, ajoute notre interlocuteur, personne ne semble s’interroger sur les systèmes mis en place. « Nous constatons que nombre des systèmes que nous utilisons dans les services publics, par exemple, sont archaïques, datant du temps de la colonisation. Il y a toujours des méthodes que nous avons importées de la colonisation dans nos systèmes. Il s’agit maintenant de mettre en place de nouvelles méthodologies, des idées innovatrices… Nous remarquerons les choses liées à de mauvaises pratiques dans la délivrance des permis, par exemple. Aujourd’hui, tous ces travers peuvent être facilement éliminés par l’utilisation d’un système informatique. On peut, avec un tel système, aisément faire une application en ligne qui donnerait tous les détails réclamés et c’est le logiciel qui acceptera ou rejettera les demandes sans intervention humaine. La MRA a commencé par un tel système, avec les tax return. Cette histoire d’aller faire des applications en personne, avec tout ce que cela implique en termes d’opportunités pour la corruption, est éliminé », fait-il observer.
Roshi Bhadain estime donc qu’on peut mettre en place de bonnes pratiques en modernisant et informatisant les systèmes. « La bonne gouvernance c’est de mettre de l’ordre dans tout ce désordre qui existe », dit-il.
« Ce qui est fantastique, c’est que j’ai là l’opportunité de mettre en place de zéro un système à la pointe de la technologie avec l’aide des experts, étrangers si nécessaire. Ce sera extraordinaire pour une République de Maurice moderne », précise-t-il.