Les investissements des sociétés mauriciennes en Afrique contribuent à l’élargissement de l’espace économique du pays, ont affirmé des participants lors de la seconde partie du forum organisé par IPRO et consacré au développement des services financiers. Un des intervenants, Sushil Khushiram, ancien ministre des Services financiers et directeur non-exécutif de CIM Financial Services, a regretté qu’il n’y ait pas un organisme spécialisé dans la promotion de ces services et a souhaité la création de business councils entre Maurice et les pays africains ciblés pour les investissements.
Les trois intervenants de ce second volet du forum, à savoir Sushil Khushiram, Thierry Hugnin, Chief Investment Officer de CIEL Capital et manager du Kibo Fund, et Raj Dussoye, CEO de Bank One, ont été unanimes à reconnaître que les opportunités sont multiples dans le secteur financier et qu’il n’y a pas lieu de se décourager devant la faible incursion des sociétés mauriciennes en Afrique. « Je reste positif quant à la réaction des entrepreneurs mauriciens. Même si on a été lent à démarrer, j’estime qu’il n’est pas trop tard pour les entreprises mauriciennes de considérer l’opportunité d’un élargissement de notre espace économique en se positionnant en Afrique », a fait comprendre Thierry Hugnin. Ce dernier trouve que la formule d’investissement par le truchement de Private Equity Funds sied bien au contexte africain. Notons que les promoteurs de Kibo Fund, fonds à vocation régionale avec un éventail d’investisseurs dont CIEL Investment, envisagent de lancer un deuxième fonds plus important de l’ordre de US $ 80 millions après le succès obtenu par le premier, créé en 2008.
« Il ne faut pas commettre l’erreur d’aller en Afrique en conquérant. Nous ne pouvons prétendre être des conquérants », affirme Raj Dussoye. Pour lui, il faut que toute entreprise lancée en Afrique par des sociétés mauriciennes puisse intégrer la communauté, et une bonne politique de CSR (Corporate Social Responsibility) aide dans cette direction. Le CEO de Bank One est d’opinion que les possibilités d’expansion des affaires en Afrique sont nombreuses. Bank One va continuer de s’appuyer sur l’expérience de son partenaire, I & M Bank, un des grands groupes bancaires du Kenya, pour explorer des opportunités d’affaires sur le continent. Bank One, affirme M. Dussoye, s’attend à une réponse favorable des autorités malgaches pour bientôt en vue d’une éventuelle implantation dans la Grande île.
Sushil Khushiram est également d’avis qu’il y a des opportunités pour les banques basées à Maurice d’étendre leurs opérations en Afrique. Il a souhaité qu’on accorde une attention particulière à l’idée de création de business councils avec des pays africains. Maurice, selon lui, peut jouer un rôle non seulement pour la promotion des investissements des sociétés mauriciennes en Afrique mais aussi en tant que passerelle pour les investisseurs globaux qui ciblent les marchés africains. Il s’est dit en faveur d’une institution « specifically dedicated » à la promotion du secteur des services financiers. Il a, en outre, plaidé pour qu’on crée les conditions requises pour attirer des Fund Managers de renom à Maurice.
L’expérience d’IPRO Ltd dans le domaine de la gestion et de l’administration des fonds et le rôle joué par cette société à travers son bureau basé au Botswana, estiment les participants, peuvent contribuer à la croissance des investissements locaux dans les marchés émergents d’Afrique.