Les agressions à l’encontre du personnel soignant au département des urgences dans les hôpitaux se poursuivent. Tel est le constat de la Mauritius Health Officers Association (MHOA). Selon son président, le Dr Vinesh Seewsurn, les agressions sont « physiques et verbales ».

« Au moins cinq à dix cas d’agressions physiques et verbales sont signalés chaque jour dans chaque hôpital, et plus particulièrement dans les départements des urgences », a-t-il déclaré au Mauricien. Il dit rechercher actuellement une rencontre avec le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, pour faire état de cette situation et pour proposer des mesures visant à protéger le personnel soignant.

Selon lui, les proches des patients refusent parfois de se plier aux règles d’accompagnement des malades. « La règle exige qu’un patient soit accompagné d’une seule personne lorsqu’il se rend à l’hôpital. Or, dans la pratique, ce n’est pas le cas. Certains patients sont parfois accompagnés de cinq personnes. Gérer une telle situation devient alors difficile », devait-il déclarer. Selon lui, il faut renforcer davantage la sécurité aux services des urgences et installer des caméras de surveillance, lesquelles devraient être directement reliées aux postes de police les plus proches. Cela permettra à la police, ditil, « d’agir promptement lorsqu’une agression est signalée ».

Le président de la MHOA dit avoir adressé une lettre au ministère de la Santé depuis maintenant deux mois pour réclamer une rencontre, et ce afin de discuter de la situation qui prévaut dans les hôpitaux et d’aborder d’autres sujets actuellement en suspens. Ces derniers concernent entre autres les rémunérations liées aux heures de travail dans les hôpitaux. Cette épineuse question sera abordée cette semaine par le département de Conciliation et de Médiation du ministère du Travail et des Relations industrielles.

Du côté du ministère de la Santé, on dit également déplorer les agressions à l’encontre du personnel soignant dans les hôpitaux. Un proche du dossier explique : « Il faut que les gens sachent que le personnel soignant est là pour soigner les gens, et non pas pour se faire agresser dans l’exercice de leurs fonctions. » Il devait souligner que de nombreuses mesures ont été prises pour décourager les agressions à l’encontre du personnel soignant.

Parmi elles, on compte la présence d’un policier au département des urgences, la mise sur pied d’un poste de police dans chaque hôpital et des affiches informant le public dans les hôpitaux que l’agression à l’encontre du personnel soignant en service est passible d’une peine d’emprisonnement. L’un des derniers cas d’agression physique rapportés à l’encontre d’un médecin remonte au 30 mai dernier, survenu à l’hôpital du Nord. Un patient avait alors giflé un médecin qui auscultait un patient. Arrêté, il a comparu en cour sous une accusation de “assaulting public official”.