À partir de demain, la Traffic Branch de la police démarrera un projet pilote baptisé opération Road Eye lors des driving tests. Ainsi, ce département spécialisé de la police dans les tests de conduite compte installer des caméras vidéo dans des voitures avec des Learners au volant lors des épreuves pratiques sur la route en présence d’un officier de police. Cette initiative vise à renforcer la crédibilité des Police Driving Licence Tests et à réduire au minimum les allégations proférées par des mécontents après leurs échecs.
En juin dernier, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a proposé que les échanges entre les policiers effectuant des contrôles sur la route et des automobilistes soient enregistrés. Mais du côté des Casernes centrales, l’on indique que le projet pilote Road Eye devrait permettre une évaluation de la fiabilité des initiatives allant dans le sens de la bonne gouvernance pour réduire la perception de corruption.
Quotidiennement, la Traffic Branch de la police prévoit quelque 160 tests de conduite, concernant des voitures privées, des camions, des bus et des motocyclettes, avec une dizaine en simultané. Pour le démarrage du projet pilote, la police dispose de six caméras vidéo. Le panneau avertissant le public au sujet de l’utilisation des caméras pendant le déroulement des tests fait état d’une telle éventualité. « Candidates are informed that the conduct of driving tests on the public road MAY be video-recorded by means of a camera installed in their driving school or private vehicles for the purpose of transparency and fairness », fait-on comprendre en substance.
Ces caméras vidéo, qui sont sous le contrôle des policiers examinateurs, seront placées à l’avant du véhicule pour enregistrer les faits et gestes du conducteur et du policier assis à côté. Les conversations seront également consignées sur la bande sonore pendant toute la durée du Driving Test, soit au départ des Casernes centrales jusqu’à l’arrivée. La police prévoit de conserver ces enregistrements pendant 28 jours mais en cas de contestation, la durée pourrait être prolongée si l’enquête impose qu’il en soit ainsi.
À la Traffic Branch, on maintient qu’aucune personne non autorisée n’aura accès à ces enregistrements pendant ces 28 jours ou même après pour éviter toute tentative de tampering. Par ailleurs, la police a eu des consultations avec des représentants du Data Protection Office sous le Prime Minister’s Office au sujet des garanties relevant des Data protection issues. La Data Protection Commissioner a déjà émis des directives strictes, qui seront suivies à la lettre.
Aux Police Headquarters des Casernes centrales, l’on évite de lier le projet pilote Road Eye à une précédente proposition. Dans l’édition de juin de sa newsletter, l’ICAC avait suggéré que « des policiers, notamment ceux qui sont impliqués dans les contrôles routiers, soient munis d’une radio portative qu’ils devront obligatoirement activer lorsqu’ils conversent avec les automobilistes qu’ils contrôlent. Ainsi, l’échange entre l’automobiliste et l’officier de police sera relayé à un serveur central qui en conservera une bande sonore. Cette mesure devrait permettre de réduire les risques d’offres ou de sollicitations de pots-de-vin, ou encore d’éviter des allégations malicieuses contre les officiers de police. »
L’ICAC a même évoqué la nécessité d’un upgrading des facilités de communication au sein de la force policière pour la mise à exécution de ce projet. « Ce système permettra aussi aux policiers de se protéger contre des accusations calomnieuses et infondées, tenant compte qu’ils sont de plus en plus à risque vu la nature de leur travail. Certes, certains argueront sans doute qu’enregistrer quelqu’un à son insu va à l’encontre de ses droits constitutionnels. Cependant, avec une bonne campagne d’explication, l’ICAC pense que le public accueillera favorablement cette pratique », soutient l’ICAC pour justifier ce projet encore en gestation au sein de la force policière.