La reprise à plein régime sur tous les fronts, que ce soit au niveau de la rentrée scolaire et aussi des activités économiques après la trêve du Nouvel An, mettra à l’épreuve une série de services essentiels. D’abord, dès demain matin, il faudra s’attendre à des signes d’énervement avec les premiers bouchons sur les principaux axes routiers menant vers la capitale, mais également aux arrêts d’autobus avec un flux croissant de passagers, notamment des étudiants, mais aussi le grand public voyageur et les bus se faisant rares aux heures de pointe. En effet, au terme d’un accord entre le gouvernement et les opérateurs d’autobus pour assurer le transport gratuit des étudiants, chaque jour, un minimum de 1 122 autobus, soit 474 le matin et 648 l’après-midi, doivent être réservés en priorité pour le ramassage scolaire. A elle seule, la United Bus Service, l’un des plus importants opérateurs dans le transport en commun avec la Corporation Nationale de Transport (CNT), consacre 174 bus, soit 61 bus le matin et 113 dans l’après-midi, pour assurer le transport des étudiants. Que ce soit à la UBS ou à la CNT, ou encore au sein d’autres sociétés de transport en commun, cet engagement constitue un véritable casse-tête avec des répercussions sur le service des routes normales. Toutefois, ce problème représente également un Hidden Social Cost, en terme de congestion routière sur les principales artères de l’île et aussi des retards au travail. Le coût est estimé à environ Rs 4 milliards chaque année pour l’économie. Mais il n’y aura pas que le secteur du transport qui sera mis à rude épreuve avec la reprise des activités économiques dans le pays dès demain matin. Du côté du QG du Central Electricity Board, l’on dissimule difficilement les appréhensions devant les nouvelles pointes de consommation d’énergie électrique avec l’entrée en opération des usines et autres bureaux, grands consommateurs d’énergie électrique, surtout en cette période d’été. Par ailleurs, dans le port, secteur appelé à connaître de profondes transformations avec une éventuelle arrivée d’un World Class Player, la Dubai Ports World, des premiers signes de stress se font déjà sentir parmi les employés du port craignant pour leur avenir. Le bras de fer avec le Management de la Cargo Handling Corporation au sujet du travail à la veille de Noël et du Nouvel An aurait laissé des séquelles conséquentes.
Au sein de l’industrie du transport en commun, le rush de la rentrée des classes au début de chaque trimestre suscite des appréhensions. Et à différents niveaux. D’abord, sur le plan logistique avec la réservation de 474 autobus le matin et 628 l’après-midi, assurant le transport d’un peu plus de  42 000 élèves chaque jour et le reste venant alourdir le réseau normal. Ce sont les derniers chiffres disponibles à la National Transport Authority (NTA) pour le ramassage scolaire.
D’ici la fin de janvier, ces chiffres sont sujets à modifications, car la direction de certains établissements scolaires a déjà soumis des demandes pour un service additionnel de bus pour étudiants. Les inspecteurs de la NTA seront dépêchés dans ces écoles en vue de procéder à des évaluations avant de décider du nombre additionnel de bus. Pourquoi le décalage entre le nombre de bus le matin et celui de l’après-midi. “Tout simplement, la tradition veut que le matin des parents déposent leurs enfants à l’école en voiture et que l’après-midi, ces étudiants doivent rentrer chez eux part le transport en commun”, fait-on comprendre du côté du ministère de l’Infrastructure publique.
Indépendamment du débat sur le coût, soit une ponction annuelle de Rs 2 milliards dans le budget de l’Etat, le transport gratuit, avec des spécificités pour les étudiants, comporte des contraintes majeures. “Il est un fait que de par les engagements pris auprès du gouvernement pour assurer ce service comme une priorité et avec un maximum de sécurité, les opérateurs doivent mettre les bouchées doubles. Ce n’est pas évident de trouver le nombre suffisant de bus vu que la flotte n’a pas progressé de manière spectaculaire au cours de ces dernières années. Forcément, le déploiement d’un plus grand nombre de bus pour les étudiants se fait au détriment des autres catégories d’usagers d’autobus”, concède Alain Kistnen, secrétaire de l’Union of Bus Industry Workers.