Suite à une analyse entreprise par le magazine français 60 millions de consommateurs pour étudier onze produits d’hygiène féminine (tampons, serviettes hygiéniques, protège-slips) et dont les résultats, en février dernier, ont révélé la présence de résidus toxiques sur des tampons et autres protections, la Consumer Advocacy Platform (CAP) questionne la sécurité des marques de tels produits disponibles à Maurice. Ayant procédé à une vérification des compositions listées sur les diverses marques, la CAP constate que « les indications sur les substances utilisées pour leur fabrication sont insuffisantes sur l’emballage ».
La plateforme requiert des fabricants qu’« ils n’abusent pas du secret industriel en refusant de livrer les matières utilisées. Ce mutisme n’est plus acceptable ! La liste de tous les composés doit figurer sur l’emballage ».
« Les consommatrices sont-elles sûres de la sécurité des serviettes hygiéniques ? De quoi sont faits les produits d’hygiène féminins présents sur le marché local ? Sont-ils conformes aux normes internationales ? Si oui, lesquelles ? » Telles sont les questions que se pose la CAP. En février 2016, le magazine 60 millions de consommateurs rendait publics les résultats de ses analyses sur onze produits hygiéniques féminins (tampons, serviettes hygiéniques et protège-slips). Sur trois types de tampons analysés, des résidus toxiques ont été trouvés alors que les autres protections analysées n’en étaient pas totalement épargnées non plus. Le magazine notait que si les teneurs relevées étaient faibles, l’exposition, elle, est récurrente. « Faut-il rappeler que les femmes portent ces articles en moyenne cinq jours par mois pendant environ quarante ans ? » interrogeait le magazine. Lequel a alerté les pouvoirs publics avant de publier une liste des matières premières utilisées dans les produits analysés. Ont été trouvées, des dioxines qui avaient été découvertes dès 2009 par l’Agence américaine des produits alimentaires et pharmaceutiques dans des tampons. Selon l’OMS, les dioxines peuvent provoquer des problèmes de procréation, interférer avec le système hormonal et causer des cancers. Néanmoins, le magazine français a précisé que « le risque cancérogène serait négligeable en deçà d’un certain niveau d’exposition ». Dans une marque de serviettes hygiéniques, le magazine a révélé la présence de pesticides, efficaces contre de nombreux insectes. Avant de se demander comment ces traces d’insecticides se sont retrouvées dans un produit constitué de fibres de synthèse et de cellulose.
Pour la CAP, aucun des produits disponibles à Maurice « ne porte une information quelconque sur la matière utilisée pour ces produits ». « Des indications comme dryweave ou encore alveonet ne sont d’aucune utilité aux consommatrices. Une marque pousse le bouchon plus loin en portant la mention ISO 9001-2008. Or, on sait que cette norme n’est pas liée à la qualité du produit (…) Toutes les marques portent des mentions telles que large, ou regular ou encore overnight faisant référence aux besoins personnels des utilisatrices. Les mentions ultra et ultra thin ne sont pas plus utiles pour les consommatrices ».
La CAP indique que le Mauritius Standards Bureau a élaboré, depuis 1989, des normes pour les sanitary towels. « Il s’agit du MS 89. Les spécifications portent aussi sur le contenu du produit. Ceci doit être une composition de pulpe de cellulose et de cellulose tissue ou de coton ou des deux. Faute d’une réglementation contraignante, aucun des distributeurs n’a jugé important que ses produits soient conformes aux normes MS ou autres ». La CAP a demandé aux distributeurs des marques présentes à Maurice de lui communiquer des informations précises sur la composition de ces produits ainsi que sur la garantie de sécurité aux utilisatrices.