La coïncidence a voulu que la régionale du No 8 se tienne hier à Saint-Pierre, au lendemain du jugement en faveur de Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint. Et c’est en « véritable héros », voire en tant que « futur Premier ministre », que le leader du MSM a été accueilli par des pétarades et fanfares à Saint-Pierre par ses nombreux partisans, à commencer par ceux de la circonscription No 8.
Exceptionnellement, la presse a pu assister à cette régionale, où Pravind Jugnauth a réitéré ses remerciements à tous ceux qui l’ont soutenu « durant ces moments difficiles » avant de réitérer sa « détermination » à « faire du bon travail pour l’avancement du pays ».
L’heure était aux réjouissances hier à Saint-Pierre. En dépit d’une petite pluie fine et d’un vent glacial, les partisans du MSM, dans la circonscription No 8, se sont déplacés en grand nombre pour venir écouter leur leader, qui a recouvré son fauteuil ministériel. Et dans la foule, les conversations laissaient comprendre que « nou ti kone Pravind pou gagne ». Car « Pravind est un homme de principe, so sime drwat », affirment-ils, fier de l’heureux dénouement en faveur de leur leader dans l’affaire MedPoint. D’ailleurs, pour les militants MSM, il ne fait aucun doute que « Pravind Jugnauth, se nou futur Premie minis ». Ce que diront également les deux colistiers du leader du MSM, Leela Devi Dookun-Luchoomun et Yogida Sawminaden.
Pour Pravind Jugnauth, la date du 25 mai marque « un nouveau départ ». Revenant, lors de son intervention, devant ses partisans, sur les « difficulte ki mo fin kone sa ban dernie mwa-la », il rappelle que, « réaliste », il avait déjà indiqué qu’il se préparait également au pire. « Mo pa koz dan vid, mo pa fer show, mai mo toujour fair fas ala realite », dit-il, confiant que, « comme tous ceux » qui l’ont soutenu, il a « prié » pour se sortir d’affaire. Aujourd’hui, c’est avec « soulagement » qu’il accueille ce jugement d’un point de vue personnel, dit-il, car dans d’autres circonstances, c’était 12 mois de prison qui l’attendait. « Sa ti pou fatal pou mwa et au niveau politik ossi », dit-il, ajoutant avoir « toujours défendu » son « honneur » et son « intégrité ». Raison pour laquelle il se dit aujourd’hui « soulagé sur le plan politique » car ne souhaitant pas être « une honte pou ban militant ki jamai mo pa pou laiss tombe ».
Le leader du MSM affirme ne « pas être attaché aux titres, ministères » ou autres pouvoirs. « Kan ena kikzoz ki interpel nou, nou sorti, nou alle. Nou pa guet nou lintere personel », dit-il, en revenant sur l’affaire MedPoint et la démission des ministres MSM à l’époque, en 2011. Pravind Jugnauth a profité de l’occasion pour critiquer le PTr et le MMM, « qui ne sont pas capables de réunir une foule le 1er Mai », dit-il, « fier » que le dernier meeting de L’Alliance Lepep, à Vacoas, « fut un véritable succès ».
Il a aussi tenu à expliquer les raisons de son retrait ces derniers temps, refusant de prendre la parole dans certaines fonctions. Selon lui, « psychologiquement, lorsque vous avez 12 mois de prison qui pèse sur votre tête, vous ne pouvez pas venir donner des leçons à la population », dit-il. Et d’ajouter : « Ou bizin montre ki ou vau avan, lerla ou donn leson. » Et d’indiquer qu’aujourd’hui, « après avoir traversé ces dures épreuves » aux côtés de sa famille, notamment sa femme et ses enfants, ainsi que ses parents et beaux-parents, il « pense à l’avenir ».
« De grands défis » le guettent, dit-il, s’excusant d’avance auprès de ses partisans pour le fait qu’il ne puisse pas prochainement, en raison de la préparation du Budget, assister à toutes les fonctions qui se tiendront au No 8. Car la préparation du Budget, dit-il, « prendra un peu de temps ». Et de développer : « C’est une grande responsabilité que m’a confiée le Premier ministre. Nous avons de grands défis. Préparer le Budget, c’est préparer l’avenir du pays. Se pa enn ti zafer. » C’est dans cette optique que, depuis mercredi soir, il s’est déjà mis au travail, « pour montre aster ki nou kapav fer pou sa pei-la ». L’objectif du MSM, soutient-il, « est d’assurer un meilleur avenir pour nos enfants ».