Une diplômée en droit qui se recycle dans la formation de parfums, cela peut intriguer. Mais Séverine Lambert, formatrice chez PIUG, a eu du nez : elle travaille pour les grandes marques de parfums de stylistes de luxe, comme Paco Rabanne, Nina Ricci, Prada ou encore Jean-Paul Gauthier. Car l’univers du parfum, c’est son rayon. « Il y a d’abord cette envie de plaire, ensuite ces matières nobles qui se dégagent de chaque parfum, qui évoquent une sensation, un lieu…  comme une rencontre. L’habillage d’un parfum doit raconter l’histoire de la personne qui le portera », dit-elle.
Un petit groupe de conseillères cosmétiques de chez Cocoon et Colors & Senses se sont réunies jeudi matin chez Grays pour une formation dans l’art de vendre des parfums. Séverine Lambert les a conviées à une promenade olfactive à travers les matières premières que dégagent les parfums de luxe. Son rayon de parfumerie consiste en de grandes marques : Jean-Paul Gauthier, Paco Rabanne, Nina Ricci…Car aujourd’hui, la vente des parfums, c’est comme recevoir un oscar. Les vidéos clips servent d’ailleurs de vecteur fort pour véhiculer une marque. Dans le clip de Paco Rabanne pour la vente d’Olympéa, qui met en avant une Cléopâtre moderne – et qui symbolise la femme de toutes les victoires –, Séverine s’attarde sur les ingrédients que renferme ce parfum qui, dit-elle, est une rencontre entre la sensualité d’un accord vanille salée et la fraîcheur de notes florales. « La vanille n’est pas gourmande, elle est sensuelle. Pour créer le parfum qui correspond à la personne, le parfumeur établit, grâce à sa sensibilité, un lien entre les idées du client et les odeurs qu’il a en mémoire. C’est le cas de Loc Dong, un parfumeur vietnamien qui a trouvé l’ingrédient final pour le parfum Olympéa, et pour qui il s’est souvenu de son enfance. De la crème vanille écran solaire qu’on met sur la peau contre les coups de soleil et de cette croûte de sel qui vient se former sur la peau après. Il a apporté la touche finale au parfum, qui correspond à ce côté charnel et lumineux qu’une cliente féminine peut rechercher dans un parfum de luxe. »
Aura de séduction
Autre point fort : le flacon Olympéa a la forme d’un talisman serti de lauriers et des ailes de la victoire. « Ce parfum correspond à la femme qui a une aura de séduction. Le packaging est une forme non négligeable, car n’oublions pas que les parfums de luxe sont créés par de grands couturiers et, souvent, ils apportent cette touche dans l’art du flacon. Paco Rabanne, qui a créé une robe en or 18 carats pour Françoise Hardy, en a fait de même avec son parfum “1 Million”, avec la légendaire flamboyance du flacon en forme de lingot d’or. » Séverine Lambert insiste sur le fait que la vente d’un parfum touche à l’émotionnel. « Il y a aussi l’image du couple mythique qui est véhiculé dans le parfum. Olympéa, de Paco Rabanne, va de pair avec Invictus, dont le parfum est logé dans un flacon qui symbolise un trophée » destiné aux grands champions. « C’est un design novateur, audacieux, masculin, élégant, et qui est le parfum idéal des grands sportifs. La touche finale du packaging contribue à une expérience sensorielle. Les flacons sont très tendance et plus ils sont bien travaillés, plus ils attirent. » Elle dira aussi qu’il est très important de s’attarder sur la personnalité du client. « A titre d’exemple, un sportif a besoin d’un parfum qui soit à la fois frais et revigorant alors qu’une femme coquette, elle, privilégiera un parfum mettant en relief l’expression féminine avec des accords qui soient en osmose avec son caractère. »
Séverine Lambert est convaincante dans son approche. Sur différentes mouillettes (petit bâton en papier pour humer le parfum, Ndlr)  qu’elle remet aux conseillères de ventes, elle manie les odeurs en harmonie subtile et incite la vendeuse à découvrir l’accord parfait d’un parfum de vente personnalisé. Car chaque client a sa propre vision de son parfum. « Souvent, l’odeur de parfum est liée à un coup de coeur ou à un goût qui rappelle l’enfance, l’environnement. La fleur d’oranger et la vanille sont des ingrédients bien prisés. La création d’un parfum vient de la rencontre avec des odeurs de gens. Ce sont eux qui se dirigent sur le choix du parfum qu’ils aimeraient porter. Le parfum peut être doux, fort, épicé, dépendant du goût, de la personnalité et même du degré de sensualité de la femme ou de l’homme. Nina Ricci s’est inspirée de la pomme d’amour. » Pour définir l’aura qui entoure la création d’un parfum de luxe, Séverine Lambert dira que chaque créateur posera dans son patrimoine son vécu pour chercher la quintessence. « Prada choisira les armoiries italiennes royales car son code de parfum fait référence à l’histoire. Jean-Paul Gauthier, lui, la marinière, et Versace, la méduse, etc… » Séverine Lambert avoue qu’un parfum, c’est un peu comme une poésie, voire un petit grain de folie : « C’est enivrant, car une fragrance met en éveil les sens.  Mon coup de coeur personnel ira vers des senteurs orientales, comme le santal, le patchouli. C’est l’expression de la féminité. »