La Mauritius Family Planning Association (MFPWA) a organisé aujourd’hui un atelier de formation sur l’éducation à la sexualité et la manière de gérer les abus sexuels en milieu scolaire. Plusieurs professionnels sont intervenus sur la question. À la fin de la journée, les participants ont été invités à soumettre des propositions pour l’élaboration d’une charte des enseignants. Celle-ci sera par la suite transmise au ministère de l’Éducation.
« La question d’abus sexuel en milieu scolaire a été évoquée en plusieurs occasions dans les médias ces derniers temps. Il nous a semblé nécessaire de venir de l’avant avec cet atelier afin de mieux préparer les enseignants aux nouveaux défis qui se présentent à eux. Nous attendons également des suggestions pour les bonnes pratiques, afin que ni enseignant ni élève ne se retrouvent dans des situations problématiques. » C’est en ces termes que Vidya Charan explique la démarche de la MFPWA en organisant cet atelier de formation, en plein troisième trimestre. « Je sais qu’en ce moment vous avez beaucoup à faire et je vous remercie de votre disponibilité, de même que les autorités compétentes. »
Vidya Charan n’a pas manqué de souligner que son organisation milite depuis longtemps pour l’introduction d’un programme d’éducation à la sexualité dans les écoles. Ainsi, accueille-t-elle favorablement la démarche du ministère de l’Éducation pour un projet en ce sens l’année prochaine. « C’est déjà un pas en avant. Nous allons apporter notre collaboration pour que cela se fasse dans les meilleures conditions. »
La directrice de la MFPWA a rappelé l’importance d’un bon encadrement aux adolescents qui peuvent développer des problèmes comportementaux en raison de troubles émotionnels. « Nous devons aider nos jeunes à s’éduquer et à devenir responsables. Des accidents de parcours peuvent facilement compromettre leur avenir. »
De même, Vidya Charan a fait référence aux statistiques concernant les grossesses précoces, qui deviennent alarmants. « Il y a aujourd’hui beaucoup de services disponibles, il ne faut plus se contenter de dire que c’était une erreur. L’environnement scolaire doit aider à cela. »
Le ministre Vasant Bunwaree, qui devait procéder au lancement de cet atelier de travail, s’est fait représenté par le directeur de la zone 1, Teknarain Mutty. Dans son discours préparé pour l’occasion, le ministre de l’Éducation souligne que le comportement est un des plus grands défis en milieu scolaire aujourd’hui.
Il a aussi rappelé la fragilité de la cellule familiale à notre époque, qui a des répercussions certaines sur le comportement des enfants. « Il est grand temps de penser à la formation afin de donner au personnel enseignant, les outils nécessaires pour gérer ce type de problème. »
Pour le ministre de l’Éducation, l’influence d’un enseignant peut amener un jeune à aborder des changements positifs dans sa vie. « L’enseignant est à la fois dans une situation unique et critique, pour venir en aide. »
Cet atelier a également été réalisé avec la collaboration du Youth Action Movement (YAM), branche des jeunes de la MFPWA. Selon son président, Dharam Raggoo, des sessions d’éducation à la sexualité sont organisées à l’intention des jeunes dans différentes régions du pays. Il a souligné que le YAM est affilié à l’International Planned Parenthood Federation (IPPF), dont le manifeste Vision 2020 invite les gouvernements à prendre des mesures pour s’assurer de la santé reproductive et sexuelle des jeunes.
À la fin de l’atelier, les participants ont été invités à émettre des suggestions pour l’élaboration d’une charte de l’enseignant. Celle-ci sera par la suite soumise au ministère de l’Éducation.