Cinq jours après le drame frappant la famille Chellen et la Mauritius Tourism Academy, le mystère de la noyade de l’ancien directeur de l’Ecole hôtelière Sir Gaëtan Duval, Harmon Chellen, aussi connu sous le nom de Desiga, âgé de 53 ans, aux Seychelles demeure entier. Le rapatriement de la dépouille de la victime, hier après-midi, en vue de la crémation prévue pour aujourd’hui a eu pour effet de multiplier les zones d’ombre dans cette sinistre affaire. La contre-expertise médico-légale, réclamée par les proches de Harmon Chellen, et qui a été pratiquée, en début de soirée d’hier par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumaar Gungadin, en présence du Dr Satish Boolell, ancien médecin-légiste en chef de la police, devra préciser les orientations futures de l’enquête sur les événements à l’hôtel Constance Ephelia menant à la découverte flottant au large de l’Islette Island du cadavre de celui accusé d’agression sexuelle sur une employée de nationalité malgache de cet établissement hôtelier.
Jusqu’ici, très peu de détails ont transpiré quant aux circonstances dans lesquelles Harmon Chellen a pu se soustraire du contrôle des autorités policières des Seychelles alors qu’il s’y trouvait suite à des allégations de viol logées contre lui. Ainsi, le cousin de Harmon Chellen, Dana Chellen, qui a accompagné Me Veda Baloomoody aux Seychelles, a lancé un pressant appel à la police pour mener une enquête interne serrée à ce sujet. C’est ce qu’il a déclaré à la presse seychelloise avant de s’embarquer pour rentrer à Maurice hier après-midi.
« Il y a des zones d’ombre à éclaircir. Nous comprenons difficilement comment Harmon Chellen a pu quitter le poste de police sans aucune autre forme de procès comme on veut le faire accroire. Cette enquête que réclame la famille de l’ancien directeur de l’Ecole Hôtelière Sir Gaëtan Duval doit également dresser une chronologie de ce qui s’est passé durant les quatre heures de garde à vue au poste de police. De ce fait, nous pouvons confirmer, il n’existe aucune déposition formelle qui a été signée de Harmon Chellen. Nous croyons que c’est à peine croyable », a déclaré en substance Me Baloomoody, qui assure un Watching Brief pour la famille.
Mais les éléments les plus controversables dans cette sinistre affaire demeurent que des effets personnels, et non des moindres, de l’ancien directeur de la Mauritius Tourism Academy, n’ont pas été retrouvés par la police. Des questions se posent sur ce qu’auraient pu devenir la chemise et le blouson que le noyé portait de même que ses chaussures quand il avait été escorté par la police depuis 9 h 30 le lundi matin de sa chambre d’hôtel à Constance Ephelia.
Des recoupements d’informations auprès des sources concordantes confirment que quand le pêcheur seychellois avait découvert le cadavre de Harmon Chellen dans la baie au large de Port Glaud, il avait le torse nu avec des chaussettes dans ses pieds. Toutefois, en revenant à Maurice, hier après-midi, les proches de la victime se sont rendus compte que ces objets, qui s’avèrent être des Exhibits de nature cruciale dans une telle enquête, demeurent introuvables. Des analyses Forensic et d’ADN de ces articles auraient pu permettre de dégager des pistes pour les enquêteurs.
« La police soutient que malgré toutes les recherches entreprises elle n’a pas été en mesure de retrouver les traces de la chemise, du blouson et de la paire de chaussures », a confirmé Me Baloomoody à son retour à Maurice, hier soir. Il a ajouté qu’il a eu une rencontre avec le surintendant de police, responsable de cette région des Seychelles, pour passer en revue la situation.
« Le surintendant de police m’a donné la garantie qu’une enquête approfondie a été ordonnée sur toute cette affaire, et surtout sur ce qui s’est passé pendant ces quatre heures que Harmon Chellen était sous la responsabilité des enquêteurs seychellois », a déclaré Me Baloomoody.
De son côté, la police des Seychelles a émis un communiqué officiel, hier, pour faire état des conclusions de l’autopsie pratiquée, jeudi, soit que « Seychelles police has reported that post-mortem result have shown that Mauritian national, Harmon Chellen, died of asphyxia conducive to drowning ».
Plus loin, la police des Seychelles affirme que l’enquête se déroulera sur deux volets, soit les accusations d’agression sexuelle rapportée par la ressortissante malgache et le cas de noyade. « The incident happened while the police was starting to investigate a sexual assault case reported earlier in the day of which he was named as suspect. The Seychelles police confirmed on Tuesday that the female worker who made the report is a Malagasy national. The incident reportedly happened the previous night (Sunday) at the Constance Ephelia Resort at Port Launay where Chellen was staying. The police have said that it is continuing with its investigation in the alleged sexual assault case as well as the drowning incident”, lit-on encore dans le communiqué posté sur le Website de la police des Seychelles.
Dans la soirée d’hier, les proches de Harmon Chellen, notamment son épouse et ses deux enfants, s’agrippaient à une ultime chance de lever un bout de voile sur le mystère de la noyade de lundi dernier aux Seychelles. Avec une déposition consignée formellement par la veuve, qui soupçonne un cas de Suspected Foul Play, les conclusions de la contre-autopsie par le Dr Gungadin en présence du Dr Boolell, devront être déterminantes pour la suite de cette affaire, vu qu’en cette fin de semaine, il se chuchote que l’ancien directeur de l’Ecole Hôtelière aurait été victime d’un odieux chantage.
A ce stade, les proches de Harmon Chellen évitent de venir de l’avant pour faire des commentaires préférant laisser le champ libre aux autorités compétentes de poursuivre l’enquête. Un petit détail est que l’époux de la ressortissante malgache rapportant le cas d’agression sexuelle est également employé à l’hôtel Constance Ephelia aux Seychelles…