Après les consultations ministérielles à haut niveau à l’hôtel du gouvernement dans l’après-midi de vendredi, avec le premier ministre Navin Ramgoolam et celui de l’Agro-industrie, Satish Faugoo, Shakeel Mohamed a convoqué la presse à son bureau hier matin. L’une des principales retombées de cet exercice médiatique est que le ministre du Travail a fait remonter à la surface la carte de l’illégalité d’une éventuelle grève dans l’industrie sucrière, tout en répétant qu’il est primordial que l’autorité des institutions soit respectée. Il devait alors rappeler l’Interim Order de l’Emloyment Relations Tribunal, avec son président, Me Rashid Hossen, interdisant tout préparatif de grève générale illimitée. Par conséquent, la Commission de conciliation et de médiation ne peut superviser l’exercice de Strike Ballot qui s’est déroulée durant la semaine écoulée pour les artisans.
Dans un premier temps, le ministre du Travail a indiqué que les animateurs du Joint Negotiating Panel syndical se basent sur l’article 9(2) de l’Employment Rights Act, stipulant qu’une première grève, même dans le cas de figure où celle-ci serait illégale, ne peut faire l’objet de licenciement. Toutefois, il devait juste après revenir à la charge avec l’article 83 de l’Employment Relations Act (Legal effect of strike on contract of employment) : « A worker shall not be entitled to any remuneration while he is on strike unless otherwise agreed by the parties ». « Je lance un appel aux syndicalistes pour qu’ils ne poussent pas les travailleurs à une action qui va à l’encontre de la loi », devait expliquer Shakeel Mohamed, tentant un énième tour de force pour ramener la paix industrielle dans ce secteur.
Pressé de questions au sujet des déclarations publiques de la classe politique, notamment celles du Premier ministre, de Patrick Assirvaden et de Nita Deerpalsing, ces derniers se rangeant du côté des salariés, Shakeel Mohamed a affirmé que la séance de travail au Cabinet a permis de constater les avancées réalisées au niveau des négociations en l’espace d’une semaine. « Le chef du gouvernement a constaté un changement drastique dans la prise de position initiale de la MSPA, et ce qu’elle est devenue en cette fin de semaine à la suite des négociations. Les commentaires ne sont à aucun moment en contradiction avec ce que j’ai dit et ce que j’ai fait. En ma capacité de ministre, j’ai été mandaté pour être le médiateur. Et non pas un gladiateur et encore moins enn desorder. Il faut trouver le juste milieu », a affirmé Shakeel Mohamed, qui n’a pas manqué de souligner qu’il ne partageait pas les critiques de Nita Deerpalsing envers l’ERT.