Shakeel Mohamed a été rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par la Speaker au cours de son intervention sur le Supplementary Appropriation Bill hier. Le député rouge avait décidé de répondre aux allégations de Vishnu Lutchmeenaraidoo sur l’héritage laissé par l’ancien gouvernement et la Speaker a tenté en vain de lui faire comprendre qu’il était hors sujet. Le député du PTr a tout de même fait remarquer que deux ministres des Finances de l’ancien régime, à savoir Pravind Jugnauth et Xavier-Luc Duval, se trouvent dans le présent gouvernement.
Shakeel Mohamed a d’abord fait ressortir qu’en tant que ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo avait laissé entendre que pas un sou des fonds publics ne serait injecté dans ce projet. « Toutefois, il n’a pu tenir sa parole. À moins qu’il y ait eu mauvais calcul de la part des techniciens de son ministère… » Il a également fustigé le ministre pour avoir fait référence à deux banques britanniques, en l’occurrence la Royal Bank of Scotland et la Lloyds Bank, tout en précisant que la situation n’est guère similaire. « Quand est-ce que le gouvernement a retiré leur permis d’opération ? Est-ce que des policiers ont mené des opérations chez le Chairman de la banque ? Pourquoi donc comparer ? »
De même, il a avancé qu’en faisant référence à l’affaire BAI à Trinité-et-Tobago, Vishnu Lutchmeenaraidoo a donné l’impression qu’il s’agissait des mêmes personnes qu’à Maurice. La vérité, a poursuivi Shakeel Mohamed, c’est que le gouvernement, ayant promis un miracle économique, « n’a pas été en mesure de tenir sa promesse ». « Maintenant, le nouveau ministre des Finances will have to deal with the mess ». Il a par la suite évoqué le fait que Vishnu Lutchmeenaraidoo voulait « la discipline dans les finances », qu’il y a eu trois ministres des Finances depuis et « deux budgets », en faisant référence au projet Vision 2030 présenté par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth.
À ce stade Shakeel Mohamed est interrompu par la Speaker, qui lui précise que le sujet est la MauBank et qu’il aura tout son temps, pendant les débats sur le budget, d’évoquer ce sujet. Mais le député rouge a insisté, précisant qu’il répondait à Vishnu Lutchmeenaraidoo sur la dette publique et qu’elle n’était pas intervenue quand celui-ci a abordé ce sujet.
Le député du PTr a alors poursuivi en évoquant son désaccord sur les observations de Vishnu Lutchmeenaraidoo. Tout en faisant ressortir que Pravind Jugnauth était un des ministres des Finances de l’ancien gouvernement, il a argué que la dette publique était à la baisse à cette période. À ce moment précis, Paul Bérenger devait lancer une pique : « To pre pou anbras so lamin tou ». Et Shakeel Mohamed ironisant par la suite : « Je suppose que je peux continuer à parler puisque je n’ai pas été interrompu. » Ce à quoi la Speaker lui a demandé de cesser son ironie.
Le député s’est également demandé pourquoi Vishnu Lutchmeenaraidoo n’a pas évoqué la crise de l’euro et le cours du pétrole, entre autres, lorsqu’il est intervenu sur la dette publique. « Vous ne faites que blâmer l’ancien régime, mais la vérité est que la dette publique a augmenté depuis que ce gouvernement est au pouvoir. Vous accusez l’ancien gouvernement pour cacher votre incapacité à réaliser la responsabilité fiscale que vous aviez promise. Pour 2015-16, la dette est passée à 65 % du GDP, est-ce aussi la responsabilité de l’ancien régime ? Ce que vous oubliez, c’est qu’il y a eu deux ministres des Finances sous l’ancien gouvernement qui sont aujourd’hui dans le présent régime. »
Revenant à la MauBank, Shakeel Mohamed devait également faire référence à un article de presse où Vishnu Lutchmeenaraidoo évoque un partenariat avec une banque dubaïote. De même, il a invité ce dernier à préciser le nombre de personnes renvoyées de la MauBank alors qu’il parle de la sauvegarde d’emploi. Et d’ajouter que « le gouvernement n’a pas le courage de reconnaître ses erreurs ». Shakeel Mohamed a ajouté que cette banque est proche de l’effondrement et que les employés sont inquiets.
Revenant une nouvelle fois sur l’intervention du ministre des Affaires étrangères, Shakeel Mohamed a avancé : « Lutchmeenaraidoo a parlé de confiance. Pour avoir la discipline au niveau fiscal, il faut d’abord la stabilité dans le gouvernement. Or, il a lui-même dit qu’un de ses collègues veut prendre sa place. » La Speaker a tenté une nouvelle fois de ramener Shakeel Mohamed dans le débat du jour. Ce dernier a alors demandé : « Quel était le montant des “toxic loans” quand Lutchmeenaraidoo a quitté les Finances ? » La Speaker l’a alors interrompu en rappelant qu’elle a demandé aux parlementaires de ne pas faire d’allégations.