Shakeel Mohamed aura pris la parole une heure durant, hier en début d’après-midi au parlement. Selon le ministre du Travail, le projet de loi à l’étude n’aurait rien d’illégal. Au contraire, il traduirait la « louable » initiative du ministre Aimée de réparer « l’incompétence » du gouvernement MMM/MSM.
« Rien d’illégal à ce projet de loi… aucun affront n’est commis envers le Président et la Commission Électorale… », a soutenu le ministre du Travail Shakeel Mohamed en début d’après-midi hier au parlement. Brandissant la Constitution, il devait poursuivre : « Le Président fait partie du législatif : sa fonction, give his assent when the bill has been passed… il n’a pas besoin d’être consulté. » Suivant la logique du ministre rouge, le parlement serait souverain, donc aucun aspect « illégal » à la démarche du Local Government Bill.
Shakeel Mohamed devait par ailleurs attiser les remous à l’assemblée en affirmant : « QCs et SCs, avocats d’expérience ne voient rien d’illégal au projet de loi… il incombe aux avocats appartenant à l’opposition de montrer de la rigueur dans leur interprétation des statuts… » Et dans le brouhaha général, le deputy-speaker appelle au calme. Et Shakeel Mohamed rétorque : « Even the deputy-speaker is listening to what I’m saying. » Au deputy-speaker d’ajouter : « I hope that this is joke. » « Of course, I’ve got a sense of humour. »
Reza Uteem ne devait pas se montrer appréciatif de cet humour. Au député mauve de soulever un point of order et de condamner l’insinuation que « l’opposition est en train de mentir ». « I am not inferring that the opposition is lying », devait ensuite clarifier Mohamed.
Obeegadoo : « Un projet moralement condamnable »
Les députés Uteem et Obeegadoo ont pris la parole après Shakeel Mohamed. Tous deux devaient se consterner de « l’urgence du projet de loi ». Pourquoi, en outre, à avoir à débattre jusqu’à des heures indues ? « C’est une vilaine habitude qu’à chaque fois que l’opposition objecte, on nous le fait payer : on nous fait siéger toute la nuit et on nous fait revenir le lendemain matin… Ce n’est pas acceptable », a soutenu Steve Obeegadoo.
Par ailleurs, Steve Obeegadoo devait également faire ressortir qu’il faut analyser l’esprit de la loi en parallèle à la loi. Selon le député de l’opposition, « l’esprit des lois, de 1989, 2003 et 2011, se situe au-dessus de toute politique partisane… L’esprit de la loi veut que la tâche de délimitation des arrondissements revienne au Président ». Et d’ajouter, « le ministre Aimée vient se faufiler entre les lois pour venir changer les données… C’est un projet moralement condamnable, politiquement dangereux, et légalement douteux. »
Le député de l’opposition devait aussi s’insurger contre la démarche de centralisation « à outrance » que présente le Local Government Bill. Selon Steve Obeegadoo, la clause 61 (14) viendrait illustrer le « comble du ridicule ». « Avec ce projet de loi, le Gouvernement s’ingère même dans les plus petites choses, à savoir, la manière dont on doit s’occuper de sa haie de bambou… » Un tel « degré de centralisation », une telle « mainmise ministérielle », tant d’éléments qui font de ce projet une « loi scélérate », a déclaré Steve Obeegadoo.