Alors qu’ils ont droit à une part de pourboires chaque mois, 70 employés de l’hôtel Shangri-La, Le Touessrok, disent n’avoir rien perçu depuis avril. Pire : leurs pourboires auraient été réduits de 50% au mois d’avril. Ils ont porté plainte au ministère du Travail pour non-respect de leurs conditions d’emploi.

Dans une lettre adressée au ministre du Travail, Soodesh Callichurn, les employés du département “Food and Beverage” comptant au moins 40 années d’expérience disent ne plus bénéficier de leurs droits depuis que la gestion de l’hôtel a été transférée au Shangri-La. Ils pointent du doigt la responsable des ressources humaines, Nalinee Narayanan, d’avoir « unilatéralement » retiré leurs droits « avec la complicité du Financial Controller », Didier Gerval. « Nous n’acceptons pas cette situation. Nous avons travaillé depuis 40 ans dans cet hôtel et nous avons toujours bénéficié d’un pourboire chaque mois. On ne peut pas le réduire de 50% sans nous avoir consultés », avance un employé ayant plus de 20 ans de métier dans cet établissement hôtelier.

Selon lui, la décision de l’hôtel de partager ce pourboire avec tous les autres employés « n’est pas juste », avant d’ajouter : « On travaille très dur pour donner satisfaction aux clients alors que d’autres employés ne travaillent pas directement avec les clients. C’est à la discrétion du client de donner un pourboire à qui il veut, mais on ne peut pas partager ce qui nous revient avec les autres », dit-il.

Selon la lettre, ces employés percevaient leurs pourboires mensuels de la part des clients directement sur leur salaire. « Mais depuis le mois d’avril, la directrice des ressources humaines a complètement changé le paiement de ces pourboires. Elle a apporté une réduction de 50%.

De ce fait, nous avons obtenu uniquement 50% de la valeur de notre pourboire. En outre, de mai à octobre, nous n’avons rien obtenu », ajoute-t-il. Un autre employé fait, lui, ressortir que la nouvelle direction réclame la moitié du pourboire « à cause des machines à cartes » de l’hôtel. « Ce n’est pas notre problème si l’hôtel a mis ces machines. On ne peut pas déduire une telle somme de notre pourboire », dit-il, faisant ressortir que la direction du Shangri-La avait promis que leurs conditions seraient inchangées.

Selon cet employé, plusieurs représentations ont été faites auprès de la directrice, qui « ne veut rien entendre », dit-il. « Elle nous traite désagréablement et nous parle rudement. Nous ne voulons plus d’elle à l’hôtel », disent des employés mécontents. Nous avons tenté de joindre deux responsables de l’établissement, et dont les noms sont cités dans la lettre adressée au ministre du Travail. En vain.