La Medical Health Officers Association continue à donner de la voix contre l’introduction du shift system et a convoqué ses membres pour une assemblée générale spéciale à 14 heures aujourd’hui afin de décider de la marche à suivre. Le ministère de la Santé ne cède pas et évoque les sommes importantes payées en termes d’overtime chaque année aux généralistes. Les responsables dans les hôpitaux sont satisfaits du bon déroulement du service selon les nouveaux horaires de travail mais reconnaissent la nécessité d’apporter « quelques ajustements » à la formule en vue d’améliorer les conditions de travail des médecins concernés.
Depuis mardi dernier, les généralistes du service public ne travaillent plus trente-trois heures d’affilée. Ceux assurant le service du jour travaillent de 8 heures à 16 heures et leurs collègues prenant le relais pour le service de nuit sont en poste jusqu’à 8 heures le lendemain mais ont droit à un resting time de trois heures et bénéficient aussi d’une heure libre pour prendre leur dîner.
« Le shift system fera beaucoup plus de mal que de bien au service hospitalier et ce sont les patients qui seront pénalisés par le nouveau système », ne cessent de dire les dirigeants de la MHOA. Ce syndicat est soutenu par le syndicat des spécialistes dans sa contestation.
Cela fait déjà quatre jours que les nouveaux horaires de travail sont en vigueur et les responsables des hôpitaux affirment qu’ils n’ont pas été confrontés à de graves problèmes de gestion dans les différents services en raison du nouveau système. « En général le système fonctionne et durant ces quatre derniers jours nous n’avons pas enregistré un taux d’absences plus élevé que d’habitude », dit un administrateur d’hôpital. « Le nombre de médecins dans les différents services est suffisant et en cas d’imprévus on arrive à gérer la situation », poursuit cet administrateur.
Le ministre de la Santé est conscient de la colère qui prévaut parmi les médecins mais a affirmé que le ministère ne reculera pas sur sa décision. Il affirme qu’il y a désormais une meilleure répartition du personnel soignant dans les différents services des hôpitaux et aussi dans les centres de santé grâce, dit-il, aux nouveaux horaires et à l’augmentation de l’effectif. Il ajoute que la performance d’un médecin sera nettement meilleure dans le système actuel car n’ayant pas à travailler non-stop pendant trente-trois heures.
Le shift system va permettre aussi au ministère de faire des économies significatives en ce qu’il s’agit du paiement de l’overtime. Lors d’une cérémonie à laquelle il participait avant-hier, Anwar Husnoo a évoqué pour la première fois l’aspect financier. Le ministre de la Santé a indiqué que la somme moyenne que percevait généralement un généraliste par an en termes d’overtime était de Rs 500 000.
D’après nos informations, le ministère a déboursé les sommes suivantes pour le paiement des heures supplémentaires concernant les médecins : Rs 137 187 000 durant l’année financière 2015-2016 pour 275 généralistes et une somme de Rs 252 173 000 durant 2016-2017 pour 475 généralistes. Selon des médecins eux-mêmes, le montant du package global d’un jeune généraliste (salaires, overtime et autres avantages) tourne autour de Rs 100 000 par mois.
« Dokter pa pe lager pou kas ! » rétorquent des dirigeants syndicaux. « Nous avons entendu le ministre mentionner le montant de l’overtime payé aux médecins. Que M. Husnoo ne vienne pas faire de la démagogie sur cette question ! » lance Radakrishna Sadien, président de la State Employees Federation à laquelle est affilié le syndicat des généralistes. « Les médecins ont travaillé dur et ont été au service des patients pendant de longues heures de travail pour mériter cet argent. L’overtime découle d’un manque de personnel et de planification pendant de nombreuses années », poursuit-il.
Quelques médecins âgés et qui sont encore dans le service public reconnaissent que la somme déboursée en termes d’overtime est « quelque peu exagérée ». Cependant, ils sont d’avis que le ministère devrait donner des « incentives » aux médecins pour compenser les sept heures additionnelles de travail par semaine. « Il est impératif de revoir la grille salariale pour tenir en compte l’élément de shift system car ce n’est pas le cas avec les salaires de base actuels. C’est une grosse anomalie. En outre, le service de nuit et la journée du dimanche sont considérés comme des jours de travail normal », soulignent les administrateurs des hôpitaux. « Le shift system doit continuer mais il faudrait apporter les ajustements nécessaires. Au lieu que le corps médical rejette in toto le nouveau système et opte pour la confrontation avec l’employeur, les médecins devraient être ouverts à la discussion sur un ton modéré », conseille un ancien syndicaliste médecin.