Star de la chanson en hindoustani à Maurice, Shweta Baboolall vit la musique avec une intensité particulière. Omniprésente dans sa vie, elle lui a offert plusieurs opportunités et demeure l’élément clé de son évolution. Chanteuse, compositrice, enseignante en Vocal Hindoustani Music, animatrice radio et télé… Lorsqu’il s’agit de musique, tout semble lui réussir.
Toute chanson est faite d’émotions. Joie, tristesse, colère, bonheur : c’est ce qui donne un sens à la mélodie. De la dimension au texte. Mais la chanson serait creuse, “inutile”, si celui qui la reprend n’arrive pas à se l’approprier intégralement pour retransmettre toute l’intensité des émotions qu’elle véhicule. Si ce principe fondamental n’est pas respecté, “cela ne sert à rien de chanter, même si on a de la voix et la bonne technique”, estime Shweta Baboolall.
Cette exigence qu’elle s’impose est l’une des règles fondamentales qu’elle essaie d’inculquer à ses élèves quand elle enseigne le chant. La musique est un élément vital, un moment de bonheur que l’on vit le mieux par le partage. Une passion qu’elle transmet à merveille dans les émissions de radio ou de télévision qu’elle anime depuis une quinzaine d’années.
Toucher les coeurs.
Sur la scène comme en studio, chanter est un acte sacré, une évasion au plus profond de soi pour faire rejaillir toute l’essence de la mélodie et du texte. “Je chante pour toucher le coeur du public, pour lui faire ressentir l’émotion de la chanson.” Derrière la voix cristalline et naturellement mélodieuse qui est la sienne, on peut percevoir davantage. “It is the voice of my soul. Quand je chante, je le fais avec mon âme, mon coeur.”
Shweta Baboolall est convaincue que “la musique est une langue universelle” et ne croit pas dans les limites imposées par les styles. Du classique au rock-pop, en passant par les variations de la musique moderne soft ou rythmée, avec une préférence pour le ghazal, elle s’adapte à tous les contextes avec la même aisance. En solo, en groupe ou même aux côtés de vedettes internationales, sa voix sait envoûter l’auditoire. Son éclectisme, sa versatilité et son grand talent ont fait d’elle l’une des vedettes de la chanson en hindoustani à Maurice.
Star.
Le titre de star n’est pas usurpé. Elle l’a acquis en toute légitimité. Dès qu’elle a fait son entrée sur la scène publique, Shweta Baboolall s’est retrouvée dans la cour des grands. Une histoire de contes de fée pour cette jeune fille originaire du petit village de Grand-Bois, qui se présente un jour à une audition pour le fun, “pou badine”. Avant elle, une soixantaine de candidats aux allures plus mûres ont défilé devant le réalisateur Harrish Vyas, qui est à la recherche d’une présentatrice pour une nouvelle émission télé que veut lancer la MBC. Shweta Baboolall a pour principale référence le troisième prix qu’elle a remporté au concours Geet Ghata Chale en 1995, un an plus tôt. Face au réalisateur, à ses assistants et à la caméra, elle agit avec spontanéité, sans avoir à surjouer pour convaincre.
Depuis l’enfance, elle a appris à chanter en public. Musicien et chanteur, Suresh Baboolall, son père, l’emmenait à des fêtes ou des cérémonies religieuses où ses services étaient demandés. Elle est repérée par Vijay Mooneesamy, qui devient un de ses gourous.
Ces expériences vécues très tôt l’ont servie. Au lendemain de l’audition à la MBC, elle reçoit la confirmation qu’elle serait coprésentatrice de MBC Antakshrai aux côtés du célèbre animateur indien Kumar Pravesh. Elle a à peine 17 ans.
Radio.
La jeune Mauricienne et la vedette indienne contribueront à la popularité de ce concours de chants, qui demeure à l’antenne pendant un an et demi. Tout juste après, puisque le public a aimé son style, les portes des studios de la radio lui seront grandes ouvertes. Elle commence à animer des émissions musicales. Dont plusieurs à des heures de grande écoute.
Le maquillage destiné à la faire paraître plus âgée à l’écran n’empêchera pas ses fans de la reconnaître en ville. Ils sont nombreux à venir la saluer : “Je n’étais alors qu’une mineure et les gens venaient me voir pour me saluer et me féliciter”, se souvient-elle en souriant.
Elle est pourtant consciente que le contexte local ne lui permettrait pas de faire une carrière dans la musique. Pour ne pas se laisser griser par le succès, elle poursuit ses études académiques afin de se donner d’autres choix dans la vie. Après le collège, elle entreprend des études tertiaires à l’Université de Maurice et au Mahatma Gandhi Institute. D’un côté pour approfondir ses connaissances en hindi; de l’autre, pour se perfectionner en chant aux côtés de mentors comme le Dr Premila Hungsraz et Girish Padaruth. Dans les deux filières choisies, elle complète brillamment ses études.
Fever.
À la télé, il y aura aussi Bollywood Fever, Manoranjan aur Masti, Dhanak, Woh Din Yaad Karo et d’autres émissions. On lui confie aussi la responsabilité de préparer les participants pour Hum Tum et Orange Sitara. Elle a aussi été membre du jury pour Star 2009.
Elle continue à se présenter sur scène pour chanter et assurer l’animation en plusieurs occasions, souvent pour des événements grandioses. Plus régulièrement, elle est en compagnie de Vishal Mungroo et des membres du Jhankar Group pour des animations karaoké.
Shweta Baboolall a aussi connu quelques expériences en studio d’enregistrement, notamment pour sa composition Jao na, qui figure sur l’album qu’elle a travaillé avec Varsha Bissessur en 2002.
Depuis ses débuts, Shweta Baboolall est restée fidèle à la MBC Radio. En ce moment, elle coanime avec Vikesh, Sunset Music, les vendredis de 18h à 20h sur Taal FM. Les auditeurs de Best FM la retrouvent chaque samedi et dimanche de 16h à 17h pour Melodies of Love.
Nuances et subtilités.
La musique fait partie intégrante de sa vie. “Cela ne pouvait pas en être autrement. Dès le départ, mon père m’a transmis cette passion. À la maison, il profitait de la moindre occasion pour prendre son harmonium et chanter. La musique a toujours fait partie de mon environnement.”
Elle a enseigné l’hindi pendant six ans, mais elle a choisi de réorienter sa carrière. En ce moment, elle enseigne le chant dans quatre établissements secondaires d’État. Plus tard, elle espère ouvrir une école où elle pourra accompagner ceux qui souhaitent se perfectionner en light music pour le plaisir ou pour la scène.
Shweta Baboolall aime les reprises, mais peut aussi compter sur ses propres compositions. L’une d’elles est la chanson générique de Best FM. Une autre, à caractère patriotique, a été présentée à la télévision, il n’y a pas longtemps.
Pour faire carrière dans la chanson, il faut du talent, une bonne voix et aussi ce petit quelque chose qui fait toute la différence. “Ce sont des nuances, des subtilités de la voix qui font qu’un chanteur se démarque des autres.”
L’occasion lui a été donnée d’accompagner en duo Vinod Rathod et Hema Sardesai, les très célèbres playbacks singers de Bollywood. Un honneur pour une artiste qui veut saisir toutes les occasions pour se construire une carrière riche en événements et en expériences. Par-delà le succès, il y a surtout le “bonheur” qu’elle en tire.