Après l’ordre émis, lundi, par l’Employment Relations Tribunal (ERT) pour la reconnaissance syndicale de la SICOM Employees Union (SICOMEU), le syndicat a fait savoir qu’il fera du rapport salarial son premier cheval de bataille. Le syndicat souhaite une rencontre avec la CEO, de la SICOM, Karuna Devi Obeegadoo, pour enclencher les discussions à ce sujet.
« Après les confrontations, nous voulons maintenant tourner la page et recommencer sur de nouvelles bases et renouer le dialogue. Nous sommes là pour travailler pour la profitabilité de la SICOM. C’est une nouvelle page qui se tourne désormais », a déclaré Deepak Benydin, dirigeant de la Federation of Parastatal Bodies & Other Unions (FPBOU) à laquelle est affiliée la SICOM EU. Réunissant la presse hier, les responsables syndicaux de ces deux corps souhaitent une rencontre avec la n° 1 de la compagnie d’assurances d’État pour discuter avec cette dernière du contenu du dernier rapport salarial en date de la SICOM lequel, soulignons-le, a été gelé jusqu’au 22 mai, à travers une injonction obtenue en Cour suprême. (NdlR: l’affaire devait être appelée à nouveau aujourd’hui en Cour suprême). « Le syndicat n’a pas eu son mot à dire au moment de la rédaction de ce rapport », déplore Deepak Benydin qui propose la mise sur pied d’un Anomaly Committee. Selon les syndicalistes, le rapport salarial contiendrait « des décisions impopulaires », telles que les nouvelles heures de travail. « Des décisions qu’il ne vaudrait pas introduire à la veille des élections générales », suggère le secrétaire de la SICOM EU, Satyen Bose Hoolas. Outre une rencontre avec la CEO de la SICOM, le syndicat réclame aussi une rencontre avec le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval et le Premier Ministre pour évoquer leurs propositions.
Les dirigeants syndicaux ont saisi l’opportunité de cette conférence de presse pour commenter la victoire du syndicat lors du vote à bulletin secret organisé lundi à la SICOM (Nldr : 76,3 % des employés ont voté en faveur du syndicat) et pour remercier toutes les parties qui les ont aidés dans leur combat pour obtenir la reconnaissance syndicale, en l’occurrence le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, le Prof Torul de la Commission Conciliation et Médiation, l’ERT, leurs hommes de loi et l’ensemble des confédérations et centrales syndicales.
Tout comme le ministre Mohamed qui dans une déclaration au Mauricien, la veille, avait commenté que les résultats des urnes représentaient un désaveu pour la direction de la SICOM par rapport aux commentaires et observations faites par le Prof Torul de la Commission Conciliation et Médiation dans son rapport sur l’état des relations industrielles et la représentativité syndicale au sein de la SICOM, Deepak Benydin a qualifié les résultats des urnes comme une « raclée extraordinaire » infligée à la direction du groupe.
Les intervenants souhaitent également que la direction du groupe SICOM « rectifie le tir » concernant le dernier communiqué de presse payant du groupe paru dans les journaux. « Ce communiqué a induit le public en erreur. Nous voulons que la direction prennent les actions nécessaires contre ceux qui ont induit le conseil d’administration en erreur », affirme le secrétaire de la SICOM EU, Satyen Bose Hoolas. Dans ledit communiqué, la direction avait évoqué, pour rappel, une décision de l’ERT qui aurait été rendue lors de l’audience du 5 mai dernier, de ne pas accorder la reconnaissance syndicale à l’union, celle-ci ne bénéficiant pas de la représentativité de 30% requise par la loi. Or il s’avère que le Tribunal n’avait à ce stade, pas encore statué, obligeant même le président de cette instance, Me Rashid Hossen à référer l’affaire au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) et à la Police pour voir s’il y a des actions à prendre à la suite de ce communiqué.