La SICOM Employees Union réclame avec force la démission du chairman actuel de la State Insurance Company of Mauritius (SICOM) et un renouvellement du board of directors avec des personnes compétentes et qui seraient à l’écoute des travailleurs.
Malgré l’ordre de l’Employment Relations Tribunal (ERT) intimant à la direction de la SICOM l’année dernière de reconnaître la SICOMEU comme le syndicat défendant les intérêts des employés, Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies & Other Unions (FPBOU), fait le constat que la répression syndicale existe toujours au sein de la compagnie d’assurances d’État. Plusieurs mois se sont écoulés depuis l’ordre de l’ERT débouchant selon la procédure vers la signature d’un Procedural agreement entre la direction et le syndicat, et aucun document de ce genre n’a encore été signé à ce jour. C’est ce qui pousse la SICOMEU, soutenue par la FPBOU à laquelle elle est affiliée, à réclamer l’intervention urgente du Premier ministre, sir Anerood Jugnauth et des ministres Soodesh Callichurn (Travail) et Roshi Bhadain (Bonne gouvernance.
Lors d’une conférence de presse à la mi-journée, les dirigeants de FPBOU, Deepak Benydin, Rehana Ameer et Satyen Bose Hoolas, secrétaire du syndicat de la SICOM, ont réclamé la démission du président du conseil d’administration de la SICOM et un renouvellement du board of directors. Deepak Benydin souhaite que le choix d’un nouveau chairman soit déterminé à travers un exercice de recrutement ouvert afin, dit-il, de « put the right person at the right place ». Et de préciser qu’il ne souhaite pas de nominés politiques car selon lui, « les employés ont été piétinés pendant trop longtemps ». S’agissant du board of directors, ses membres, dit-il, devraient être des personnes efficaces et capables de « voice out » leurs opinions et qui ne se contentent pas d’approuver le chairman sur tous les aspects. Il est rejoint dans ses propos par Rehana Ameer qui a ajouté que « ces personnes doivent agir comme un chien de garde et ne pas contenter de dire oui à tout. Elles doivent avoir the guts pour contredire le chairman si des décisions qui ne sont pas dans l’intérêt des employés sont prises ».
Rehana Ameer a ensuite déploré que depuis la tenue du vote à bulletin secret en avril 2014, aucun procedural agreement n’a été signé. « La direction continue à prendre des décisions seule et ne pas tenir compte des propositions du syndicat formulées pour la bonne marche de la compagnie », a-t-elle fait comprendre. Parmi les points de litige que souhaite aborder le syndicat avec la direction de la SICOM : la mise à terme du contrat d’un security consultant indépendant afin d’offrir la chance aux employés d’obtenir une promotion, la révision salariale, des décisions qualifiées d’arbitraires sur les heures d’entrée, le productivity bonus et le vacation leave. Satyen Bose Hoolas a déploré de son côté que la communication « n’agit pas dans les deux sens ».
Un point fort de cette conférence de presse a été la réclamation d’une enquête sur des anomalies constatées par le syndicat au sein de la SICOM. Rehana Ameer a demandé que la commission tienne en compte les propositions du Professeur Torrul rédigées dans un rapport sur l’état des relations industrielles. « Il est grand temps que les employés de la SICOM arrêtent de souffrir. Enough is enough », a lancé la syndicaliste.
Face aux nombreuses doléances, le syndicat et la fédération comptent solliciter une rencontre avec le ministre du Travail.