Dans un affidavit juré jeudi en Cour Suprême, la direction de la SICOM précise avoir été « directed » par le VPM Duval « not to attend the second meeting under the chairmanship of the minister of Labour and Industrial Relations »
Convoquée par le ministère du travail pour s’expliquer sur sa politique de « Time-off » accordée aux employés pour des activités religieuses, la State Insurance Company Of Mauritius (SICOM) a fait une demande d’injonction afin de ne pas se présenter à la Victoria House, siège du ministère, jeudi. Dans son affidavit juré en matinée le même jour en Cour Suprême, affirmant qu’elle n’avait « aucune obligation légale d’y participer », Karuna Bhoojedhur-Obeegadoo, directrice de la SICOM a également soutenu que « the issues raised concerning the employees of the muslim faith were being looked into by the minister of finance and his officers » en précisant qu’elle a été « directed » par ce dernier « not to attend the second meeting under the chairmanship of the minister of Labour and Industrial Relations ».
L’objectif de la réunion, prévue jeudi avec le Permanent Secretary du ministère du Travail, était de discuter des permissions de time-off « with pay to workers » de foi musulmane assistant aux prières du vendredi. Le ministère espérait également avoir des réponses de la direction de la SICOM quant au gel de ces activités. Une réunion, boudée par la direction du SICOM, qui durant la matinée de jeudi a fait une demande d’injonction pour expliquer son absence à cette convocation.
Dans l’affidavit juré, la SICOM explique de pas avoir « aucune obligation légale de participer à l’une des réunions ». Elle argue que le problème lié à l’accord de time-off aux employés musulmans a déjà été réglé par le ministre des finances Xavier-Luc Duval, ajoutant qu’elle a été « directed by the minister of finance not to attend the second meeting under the chairmanship of the minister of Labour and Industrial Relations ». Un argument qui a suscité une onde de choc au ministère du Travail. « Je tombe des nues. Je ne comprends pas comment mon collègue a pu conseiller cela. À ce que je sache, cette issue concerne les conditions d’emploi », a déclaré Shakeel Mohamed, ministre du Travail, au Mauricien. Contacté pour faire le point de la situation, le service de presse du ministère des Finances a soutenu que le Grand Argentier avait résolu le problème. « Nous ne savons pas ce qui a été dit dans l’affidavit. C’est à la SICOM de vous rendre une réponse », nous affirme le ministère des finances.
Toutefois, du côté du ministère du Travail, on souligne que la question de time-off, accordé aux employés musulmans depuis peu, ne concerne pas uniquement ceux de foi musulmane. Se basant sur le Human Ressource Government Manuel (HRGM), Shakeel Mohamed mentionne que toutes les compagnies d’État doivent d’offrir des time-off pour les prières du vendredi mais aussi pour les autres communautés. Au ministre du Travail de réitérer sa volonté de faire respecter ce règlement. « Nous ne souhaitons pas que les employés d’autres communautés subissent une discrimination par rapport au time-off », soutient-il. Notre interlocuteur évoque la requête de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF), qui avait informé le ministère qu’aucun employé de la SICOM n’avait bénéficié de time-off pour la célébration du Navrati Pooja. Pour le ministre, tous les employés « indépendamment de leur religion » devraient avoir la permission d’assister aux activités religieuses en bénéficiant d’un time-off.
Dans ce sens, la SICOM affirme n’avoir eu aucune plainte. Gérard Samuel, directeur de Proactiv Ltd, responsable de la communication pour la SICOM, soutient que « Le problème a déjà été résolu. Donc, la présence à cette réunion n’a pas lieu d’être », dit-il, ignorant toutefois si la SICOM s’expliquera quant au sort des employés d’autres religions.
Contredisant la compagnie d’assurances d’État sur les points avancés pour son absence de jeudi, le ministère indique que son Permanent Secretary a, selon l’article 62 de l’Employment Rights Act (ERiA) 2008, le droit de convoquer quiconque pour avoir des éclaircissements sur la situation des relations industrielles au sein d’une entreprise. Rappelons que la demande d’injonction de la SICOM a été rejetée jeudi.