Actuellement à Maurice pour des partages sur son parcours en tant que religieux séropositif, le Swami Advayananda a animé une causerie lundi au centre Bahaï à Rose-Hill en présence de plusieurs membres de l’association PILS (Prévention Information Lutte contre le Sida) et de travailleurs sociaux. Le Swami a aussi rencontré les membres du Conseil des religions de Maurice.
« Certains pensent qu’être un religieux séropositif c’est une catastrophe », a affirmé le Swami Advayananda. Le prêtre hindou, qui est actuellement en visite à Maurice, est une PVVIH (personne vivant avec le VIH). Il a été invité par le directeur de PILS Nicolas Ritter pour des partages sur son parcours en tant que religieux séropositif. Lors de la causerie, lundi, il a évoqué les problèmes auxquels doivent faire face les PVVIH, notamment la stigmatisation.
Il se passe souvent des mois, voire plusieurs années, avant qu’une personne ne découvre sa séropositivité. « Quand vous apprenez que vous êtes infecté, c’est comme si le ciel vous tombait sur la tête ». Le Swami Advayananda affirme que plusieurs personnes se sont suicidées à l’île de La Réunion après l’avoir appris car elles n’arrivaient pas à gérer la situation et n’y étaient pas préparées.
« Je suis un serviteur… Je suis uniquement à Maurice pour aider », a-t-il soutenu. Le Swami Advayananda est la preuve vivante que le VIH n’est pas l’affaire d’une communauté ou d’une catégorie de personnes. Le prêtre hindou appartient d’ailleurs au groupe de dialogue interreligieux. Les séropositifs, souligne-t-il, sont souvent stigmatisés. « Depuis que j’ai révélé ma séropositivité les invitations annuelles n’arrivent plus et les gens pensent que j’ai perdu de la valeur en tant que Swami ». Sur un ton ironique il explique sa façon de voir les choses. « Ce qui est rare est cher… Et comme je suis un Swami séropositif, je n’ai pas perdu en valeur mais j’en gagne », dit-il en souriant.
« À l’époque où j’ai attrapé le virus, les conditions d’hygiène n’étaient pas vraiment respectées… Je pensais qu’il n’y avait aucun risque dans les centres de santé ». Le Swami ajoute que quand il a expliqué comment il a été contaminé, certains ne l’ont pas cru et sont partis. « Avant, quand je voyageais, je n’osais pas apporter mes médicaments… Je ne voulais pas qu’on sache que j’étais séropositif ». Le Swami Advayananda espère inciter le maximum de personnes à changer leur regard envers les PVVIH par des rencontres à travers le pays.
Le travailleur social Danny Philippe a expliqué que ses confrères et lui même ont des difficultés à parler du sida avec une certaine communauté. « Je suis allé faire une causerie dans un village du Sud avec Den Ramsamy… Celui-ci a déclaré qu’il est séropositif, et les gens ne sont pas revenus le lendemain », a-t-il expliqué. Il espère que la mentalité des Mauriciens changera avec les causeries du Swami Advayananda.