Instigateur de la commémoration de l’AIDS Candlelight Memorial à Maurice il y a 10 ans, le travailleur social et membre de l’Ong LEAD, Danny Philippe, soutient que « beaucoup a été réalisé en ces 10 dernières années, surtout pour les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ». Toutefois, relève le National Coordinator de l’événement – qui a un caractère international puisqu’observé dans des dizaines de pays du monde, « nous avons encore beaucoup de chemin à accomplir pour la réhabilitation et la réinsertion sociale complète des PVVIH, surtout avec la problématique de la toxicomanie, qui est directement reliée à cette complexité ».
Danny Philippe cite, à cet effet, l’exemple de Nicolas Manbode, ancien toxicomane, « qui a souhaité se faire traiter à la méthadone et qui est maintenant “drug free” » : « Il a également arrêté la méthadone, s’est trouvé un travail et se démène pour reprendre une vie normale. Hélas?, un vieux “case” de ses jours où il “trase” l’ayant collé au train, il a été coffré de nouveau… »
Devant cet état de choses, Danny Philippe se dit inquiet. « N’est-il pas temps pour nos décideurs de revoir la politique concernant les consommateurs de produits et de substances ?? Afin de leur donner un coup de pouce, plutôt que d’uniquement punir. » Le travailleur social souligne : « Dans le monde entier, des études ont été menées et ont montré que les toxicomanes sont des personnes atteintes d’une maladie. Les jeter en prison, alors qu’ils souhaitent s’en sortir, n’est pas la solution idéale. » En effet, la dépendance est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant une maladie. Or, la prison n’offre pas l’encadrement et l’environnement adéquat pour soigner les dépendants de drogues. C’est un fait : le système mauricien actuel puni plus qu’il ne guérit.
Revenant sur un aspect plus global de la question, Danny Philippe est d’avis que « cela fait des années que nous réclamons une autre solution, mais nous n’avons toujours aucun plan directeur pour la toxicomanie », ajoutant : « Or, pour l’épidémie du sida à Maurice, c’est là la source de tous nos maux. »
Dimanche dernier, au Caudan, dans le cadre de la commémoration nationale de l’AIDS Candelight Memorial, Danny Philippe s’est vu remettre un trophée pour honorer ses dix ans d’engagement sur ce plan.