Une tournée musicale en prélude à la mobilisation des 2 et 3 décembre au Port-Louis Waterfront pour dire non au VIH/Sida. C’est ce que proposent, depuis le 11 novembre dernier Sidatak, LEAD, et les artistes qui se sont associés à cet événement. Une campagne de sensibilisation de proximité, dans des quartiers marginalisés et souvent stigmatisés à cause des fléaux qui les rongent. Pour marquer le dixième anniversaire de la Journée Internationale des Volontaires, l’accent est également mis sur l’encouragement du public à s’engager davantage dans le travail social.
Les textes de certains artistes, à l’instar de Kaya, sont porteurs de nombreux messages intemporels. Dagger Kkila dit s’en inspirer, aujourd’hui encore. Avec son album Antisipe, il tente de prévenir la société des fléaux qui la rongent, en prônant la solidarité, la fidélité, la protection dans la cellule familiale, la culture, le “vivre ensemble”, le soutien et la paix. Pour reprendre ses mots, c’est “en mettant (sa) musique et (son) message au service de (son) pays, afin de sensibiliser et de réveiller le sens citoyen de notre peuple”, qu’il compte y parvenir.
À travers le Sidart Tour, le chanteur se joint à la lutte contre le VIH/Sida, et bénéficie à cette occasion du soutien de plusieurs organisations, permettant ainsi à la campagne de toucher de nombreuses localités, de Baie du Tombeau à Alma, en passant par Pailles, Cité Mangalkhan, La Sourdine et Camp Levieux. Ce vendredi 25 novembre, il sera en compagnie de LionKklash et d’autres artistes à Rose-Belle, le 26 à Petite Rivière Noire, le 27 à Caroline et le 4 décembre à La Valette.
Messages.
Cette tournée a pour but de mobiliser les habitants des régions ciblées et d’encourager leur solidarité dans le combat contre les fléaux sociaux. Cette manifestation veut également susciter chez eux le besoin de se rassembler afin d’éviter que la culture ne se perde. Et, plus important encore, la campagne veut faire prendre conscience de l’importance de la fidélité dans le couple, et des dangers que représentent les infections sexuellement transmissibles (IST).
Les dix quartiers ciblés n’ont pas été choisis par hasard. Il s’agit principalement de localités où un travail social est déjà effectué par diverses organisations, dont Leadership Empowerment Action Development (LEAD). Le Sidart Tour est ainsi un moyen de renforcer le travail fait sur le terrain et de soutenir les campagnes de sensibilisation. Les habitants des quartiers visés se sont mobilisés en conséquence, même si dans certaines régions, ils étaient plus nombreux que dans d’autres. ?Cette initiative a par ailleurs permis l’émergence de nouveaux talents locaux. De plus, chaque soirée organisée revêt un caractère unique et propre aux spécificités de chacun des quartiers, mises en avant par les habitants eux-mêmes grâce à leur implication directe dans l’organisation.
Selon Dagger Kkila, rejoint dans ses propos par le travailleur social Dany Philippe, les différents publics rassemblés ont, jusqu’à présent, été assez réceptifs aux messages véhiculés. ?Après la tournée dans les quartiers, rendez-vous est donné les 2 et 3 décembre au Port-Louis Waterfront, pour l’exposition prévue par les ONG engagées dans la lutte contre le VIH/Sida.
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Incohérence
La campagne Sidart Tour est une excellente initiative. La démarche de tenir une activité musicale dans des quartiers souvent marginalisés, tout en passant des messages positifs visant à encourager la solidarité et à se sortir de la précarité, ne peut qu’être une bonne chose pour le public ciblé.?Mais nous ne pouvons passer sous silence ce que nous estimons être une incohérence de la part de certains membres de l’organisation, portant sur leurs épaules le t-shirt “Volonter pou moris”, et dans leur main… une bouteille de boisson alcoolisée ! Quel exemple pour le public, qui comprend de nombreux enfants ?
Cela se passait au cours de la soirée tenue à Camp Levieux. Sur la scène, les artistes faisaient de leur mieux pour faire comprendre que notre société est malade et qu’il est temps d’agir pour que nos enfants aient un avenir meilleur. Mais quelle crédibilité donner à ce message, si en plein milieu d’une campagne de sensibilisation, certains s’affichent sans complexe avec de l’alcool ?
Loin de nous l’idée de faire le procès des consommateurs de boissons alcoolisées. Nous estimons simplement que le moment était fort mal choisi. Bien que cette tournée vise à lutter contre le VIH/Sida à travers l’art, il est bon de rappeler que de nombreux volontaires et ONG luttent également contre la toxicomanie et l’alcoolisme, qui détruisent la jeunesse et sont les causes de nombreuses souffrances dans trop de familles. Parmi l’assistance, on retrouvait des bénévoles et des travailleurs sociaux qui oeuvrent pour le développement social, et qui étaient présents pour encourager le volontariat. Quel respect pour eux ? L’une des thématiques du Sidart Tour étant justement axée sur le respect des autres…?Les jeunes et la société ont plus que jamais besoin de repères et de role models. Les artistes qui ont chanté ce soir-là, notamment Dagger Kkila et Lionkklash, ont fait passer leurs messages et ont bien été compris. Mais quand des personnes censées donner le bon exemple ne le font pas, que peut-on attendre du public ? C’est comme si on lui disait : “Fais ce que je dis, ne fais pas ce que je fais…”