La deuxième conférence internationale des Petits États Insulaire en Développement (PEID) consacrée à la lutte contre la corruption a été inaugurée ce matin par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. Il a, à cette occasion, souligné qu’il n’y a pas de solution magique contre la corruption. Cette lutte, a-t-il souligné, nécessite un engagement de la part du gouvernement, des institutions et du public en général et un effort régulier et systématique. Sir Anerood Jugnauth a fait comprendre que pour ce qui le concerne, il ne croit pas dans la rhétorique mais dans des actions concrètes. « La création du ministère des Services financiers, de la Bonne gouvernance et des Réformes institutionnelles démontre notre volonté de faire de Maurice une juridiction propre avec zéro tolérance pour la fraude et la corruption », a-t-il affirmé. La conférence est parrainée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et la corruption dont la représentante C. Sayago a pris la parole.
Sir Anerood Jugnauth a, dans son intervention, affirmé que la corruption est un vrai ennemi pour le développement, et encore plus pour les petits pays insulaires qui disposent de ressources financières et humaines limitées et qui doivent utiliser leurs ressources au maximum. Il a insisté sur la nécessité de corriger les lacunes et les faiblesses des marchés publics, qui sont, dit-il, abusés par des personnes sans scrupule et corrompues. Le Premier ministre a expliqué que Maurice adhère entièrement aux principes de la United Nations Convention Against Corruption qui considère qu’une gestion publique intègre et efficiente est nécessaire dans la lutte contre la corruption. « J’apprends que les pays les moins développés perdent autour d’un trillion de dollars chaque année en raison de la corruption », a-t-il constaté. Le Premier ministre reconnaît toutefois qu’il n’y a pas de solution commune pour résoudre le problème et que les solutions ne peuvent pas facilement être transposées d’un pays à l’autre. Il a rappelé avoir délégué le ministre de la Bonne gouvernance à une réunion à St Petersburg, en Russie, afin de s’adresser à la UN Conference et présenter un papier consacré à Maurice.
Le PM a rappelé son engagement personnel dans la lutte contre la corruption. C’est son gouvernement, dit-il, qui a introduit la Prevention of Corruption Act et la Financial Intelligence and Anti Money Laundering Act en 2002. Cela a permis d’introduire un premier encadrement légal pour combattre la corruption et le blanchiment d’argent. SAJ a observé que l’ICAC et la Financial Intelligence Unit ont été en opération depuis 14 ans et a expliqué que fort de la confiance placée en lui en décembre 2014, il a décidé de redéfinir l’ambition de Maurice de devenir un « role model » mondial en matière de transparence. « I also made sure that institutions, such as the Integrity Reporting Services Agency, were quickly set up to curtail some people’s appetite for illicit enrichment and unexplained wealth. The Integrity Reporting Board to which the Agency reports, will be chaired by Lord Philips, former President of the Supreme court of the United Kingdom. I also initiated a number of enquiries last year, involving procurement contracts signed under the previous government which were tainted with suspicion of irregularities, malpractices and potential breaches of the Public Procurement Act. A number of preventive measures have also been adopted by my Government to introduce new methodologies, processes and procedures in State owned enterprises. These initiatives are yielding good results », a observé le Premier ministre, qui a souligné que le principal défi consiste à « make the procurement system strong, transparent and corruption-free ». À Maurice, le soutien du secteur privé a été crucial à travers une plateforme publique et privée contre la corruption.