Le Club M n’a pas été en mesure d’accéder en demi-finale de la Bangabandhu Gold Cup lors de la semaine écoulée au Bangladesh. Défaite (1-4) par le Burundi, Maurice n’a ensuite pas été en mesure de s’imposer face aux Seychelles, lundi dernier. Elle a arraché le match nul (2-2) en toute fin de partie après avoir été menée au score (0-2) et qui plus est, face à un adversaire ayant évolué à 10 à compter de la 83e. Ce sont les Seychellois qui ont passé ce tour étant, eux, battus par 3 buts à 1 face au Burundi. Ainsi, le Club M a été, une fois encore, incapable de se surpasser lors d’une compétition dont on ne parvient toujours pas à comprendre l’importance de cette participation, qui plus est, au pied levé et sans préparation, à notre connaissance. Peut-être a-t-on une explication à cela à la Mauritius Football Association (MFA) que nous, la presse, ignorons ? Passons. Ce qu’il faut retenir pour l’heure, c’est que notre sélection peine à trouver ses marques.

La triste médaille d’argent obtenue aux Jeux des Iles de l’océan Indien face à La Réunion est l’illustration même de cette dégradation. Idem pour ses défaites, non moins célèbres, lors des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations de 2021, face à Sao Tomé-et-Principe. Contrairement à nos voisins, Madagascar et les Comores, qui évoluent, eux, d’un autre temps, voire à un tout autre niveau. Vouloir maintenant mettre la faillite du football local et de sa sélection nationale sur le dos d’autrui est plus qu’exagéré. Il s’agit là d’un pas que nous n’aurions jamais osé franchir. Pas Francisco Filho, toutefois. Retenu par la MFA pour diriger le Club M lors de la Bangabandhu Gold Cup, le technicien brésilien y est allé de ses petites remarques visant à se dédouaner ainsi que la MFA. Selon lui d’ailleurs, « Il faut cesser de détruire le football en ne faisant que critiquer. » Il ajoute, dans cette même déclaration de presse, « C’est de la mauvaise foi de la part de certaines personnes. » Sa démarche est pour la moins étonnante. La vraie question est de savoir qui réellement détruit le football ? Est-ce les journalistes, les dirigeants des clubs ou la MFA ? Heureusement que la population, voire les fins connaisseurs, ne se laissent pas facilement influencer par de telles réflexions.

Si le Club M patauge aujourd’hui dans la médiocrité, il n’y a pas trentesix mille responsables. Il ne peut y avoir que deux, le sélectionneur lui-même et la MFA. Alors, au lieu de chercher des prétextes et autres boucs émissaires, Francisco Filho gagnerait à se remettre en question, et surtout à se demander pourquoi la sélection n’a pas été performante depuis qu’il a été nommé sélectionneur en 2017 — hormis la période novembre 2018-octobre 2019 où le ministère de la Jeunesse et des Sports avait décidé de le remplacer par Akbar Patel. Lui qui possède un triste bilan avant la tournée au Bangladesh : trois victoires et six défaites en 11 matches. Soit seulement 8 buts inscrits pour 21 encaissés ! Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas la presse qui détruit le football, mais bien la MFA, faute d’un véritable plan de relance. Au lieu de mettre à contribution Francisco Filho, à titre d’exemple, pour ses réelles aptitudes de formateur — il a été l’adjoint de Sir Alex Ferguson à Manchester United — la MFA persiste, pour on ne sait quelle raison, à l’utiliser comme sélectionneur national.

C’est justement ce genre d’attitude, voire cette absence de réaction et d’action réfléchie, qui font que le football se retrouve au plus bas de l’échelle. On n’y arrive plus, même pas au niveau de l’océan Indien et c’est un fait. La défaite aux JIOI et aussi celle des U20 lors du tournoi de l’Union des Fédérations de Football de l’océan Indien, en dit long. Même son de cloche du côté des filles. Pourtant, malgré les humiliations subies en COSAFA Cup, l’entraîneur responsable des sélections féminines, Kofi Kawata, est toujours en poste ! Voilà comment procède-t-on à la Football House à Trianon. Voilà le signal que la MFA aspire à donner à ses entraîneurs locaux : que ces derniers n’ont pas le niveau pour assumer de telles responsabilités autres que celles au plan de leurs clubs. Ce qui n’est peut-être pas totalement faux dans une majorité de cas. Mais à qui la faute donc ? La MFA n’est-elle pas la principale fautive si les entraîneurs ne bénéficient plus d’une formation régulière de haut niveau comme tel était le cas dans le passé ? La seule formation notable en date a été organisée, il y a deux ans et ce, contre un paiement de Rs 10 000, par entraîneur. Depuis, les participants ne savent toujours pas, s’ils ont réussi ou pas à leur examen, pour l’obtention d’une Licence C, auprès de la Confédération africaine de football (CAF) ! Voyez-vous, à la MFA, on semble toujours ne pas vraiment se soucier des détails, certes insignifiants pour certains, mais ô combien essentiels au football, dans l’optique d’un nouveau départ. Malheureusement à la MFA, tout porte à croire qu’il n’y a pas de plan spécifique et encore moins la volonté à offrir, à notre football, une nouvelle chance. Et ça, c’est très grave !