« Pa kone ki ena dan zot latet. Eski ena laservel ou dilo koko », lance le ministre Mentor

Le ministre mentor, qui intervenait hier à l’occasion de la fête Sankranti au Mauritius Telegu Andra Maha Sabha, a égratigné ceux qui continuent à encenser l’ancien Premier ministre. « Je suis triste lorsque j’entends certaines personnes dire à la radio qu’à l’époque de Ramgoolam ils vivaient mieux. Eski ena laservel ou dilo koko ? » s’est-il demandé.
Sir Anerood Jugnauth, qui intervenait pour la première fois en public depuis le début de l’année, a profité de l’occasion du Sankanti pour transmettre son message à la population. « Nous avons en tant que peuple à prendre certaines décisions. En premier lieu, il faut une solidarité nationale et une unité dans la diversité. Nous sommes un pays avec une population venant de différents coins du monde qui sont arrivés avec leurs religions, cultures et langues que nous devons toujours respecter. C’est cela, l’unité dans la diversité. J’ai toujours valorisé cette diversité. C’est ce qui nous permet de favoriser l’entente, la paix et l’harmonie dans la population. Sans l’harmonie, pas de progrès », a-t-il dit.

Il a ensuite invité la population à manifester leur solidarité envers les familles affectées par les récentes grosses pluies et à leur apporter l’aide qu’elles méritent dans ces moments difficiles. Toutefois, le ministre mentor a précisé que personne ne contrôle la nature. « Les catastrophes naturelles ne sont pas sous notre contrôle et nous ne pouvons les éviter. N’écoutez pas ceux qui blâment le gouvernement automatiquement. Il ne faut pas oublier que même les pays les plus développés subissent les effets du changement climatique. Nous ne savons pas ce qui nous attend. Nous voyons de grosses inondations dans des pays, comme la France, les États-Unis et la Belgique. Est-ce qu’on blâme le gouvernement dans ces pays ? » s’est-il demandé. Il a observé qu’à Maurice on blâme « facilement » le gouvernement « comme s’il avait le contrôle sur la nature ». « Si le gouvernement contrôle la nature pourquoi est-ce que ce n’est pas le cas pour la population. Je me pose la question », a-t-il lancé, avant d’expliquer que les problèmes de drains ne datent pas d’aujourd’hui. « Cela a toujours existé et l’ancien gouvernement n’a rien fait. Quant à nous, nous assumons pleinement nos responsabilités. Je ne bluffe pas. Mo pa kontan kouyonn dimounn. Je favorise la vérité », a-t-il fait comprendre.

Sir Anerood Jugnauth a de même rappelé que, depuis janvier 2015, la NDU a complété 225 drains dans différentes régions du pays et que 350 autres projets sont en cours de réalisation. Le ministre mentor a par conséquent invité la population à avoir un esprit positif. « Au lieu de critiquer, il faut reconnaître qu’il y a un travail qui se fait. Il faut également reconnaître qu’avec la quantité de pluie qui s’est déversée sur l’île, n’importe quelle quantité de drains ne suffira pas pour canaliser l’eau », a-t-il précisé.

Il a également souligné l’importance de la solidarité face aux défis qui doivent être surmontés, notamment concernant la drogue. « Tout le monde sait comment le gouvernement combat ce fléau et la quantité de drogue saisie en ce moment. Dans cette lutte, il faut la collaboration de tous les Mauriciens et les parents doivent assumer leur responsabilité pour sensibiliser les enfants sur le danger de la drogue », a-t-il insisté. Les associations socioculturelles ont un rôle important à jouer, surtout avec l’effritement des valeurs dans la société.

Poursuivant son intervention, il a affirmé que pour qu’une société progresse, il faut de la courtoisie, du respect, de la discipline et de la productivité. Il a déploré qu’au fil des ans nous ayons perdu ces valeurs. « Il faut se ressaisir et cultiver un “positive mindset” dans le pays », a-t-il dit. Sir Anerood Jugnauth a expliqué que la population « a aujourd’hui plus d’argent en poche qu’en décembre 2014 ». « Les augmentations des différentes allocations accordées par le gouvernement ont permis de mettre Rs 41 milliards additionnels dans les poches des familles. Je suis triste lorsque j’entends certaines personnes venir à la radio pour affirmer qu’à l’époque de Ramgoolam ils vivaient mieux. Ces Rs 41 milliards représentent un gain de 21% pour la population alors que l’inflation cumulative a été de 5,5% », indique-t-il. Il a aussi cité les autres aides accordées par le gouvernement, dont la “subsistance allowance” pour les familles considérées comme extrêmement pauvres, le transport gratuit pour les étudiants et les personnes âgées et l’introduction du salaire minimum à partir de fin janvier, qui concerne 100 000 personnes. L’économie, dit-il, a été consolidée et la croissance a augmenté. Il a terminé en parlant du lancement des grands chantiers. « Les gros travaux pour le Metro Express commencent ce mardi. C’est un projet qui transformera le paysage socio-économique du pays », a-t-il dit, avant de conclure : « Après le miracle économique dans les années 80 et la Cyber City en 2002, nous écrivons l’histoire encore une fois. »