Sir Anerood Jugnauth a vigoureusement répliqué, hier, aux récentes attaques du Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam.«C’est parce qu’il est conscient que la fin de son règne approche à grands pas que Navin Ramgoolam invente des faussetés», soutient SAJ pour qui le Remake 2000 «fait divaguer le leader du PTr».D’où le désir de Navin Ramgoolam de vouloir, selon sir Anerood, briser«par tous les moyens», l’entente entre le MMM et le MSM.
Parlant d’unité nationale, il soutient que ce que pratique, dans les faits, le leader du PTr est en complète opposition à ce qu’il prèche. Réfutant l’accusation du chef du gouvernement à l’effet que lui, SAJ, se serait opposé aux investissements chinois, le leader du Remake 2000 déclare qu’en matière d’investissements et de développement, il a toujours, quand il était au pouvoir, fait passer l’intérêt du pays avant tout.
«La population se souvient encore de nos campagnes de promotion des investissements à Singapour, à HongKong et en Chine après 1982 quand nous avons beaucoup misé sur les investissements des Chinois de l’étranger mais aussi ceux de Maurice», souligne-t-il. Aussi, pour lui, c’est parce que Navin Ramgoolam est conscient que la fin de son règne approche à grands pas qu’il «invente»de telles «faussetés». Réfutant l’argument du Premier ministre à l’effet que les dirigeants de l’opposition n’ont «aucune vision», SAJ réplique ainsi:«Après que Maurice a connu la banqueroute sous sir Seewoosagur Ramgoolam, c’est, pourtant, nous qui avons, à partir de 1982, mené Maurice vers la prospérité!»
«Jouisseur sans amour-propre!»
Enchaînant avec la «prétendue vision» que, dit-il, Navin Ramgoolam «se fait fort de détenir»,le leader du Remake 2000 ironise en soulignant que grâce à cette «vision éclairée»,les petits planteurs sont, par exemple,«menacés de disparition» avec les difficultés au niveau de nos exportations sucrières vers le marché européen ou que la Ring Road et le Bagatelle Dam «construits à grands frais»se retrouvent dans l’état qu’ils sont. «Honte à Navin Ramgoolam!», s’exclame-t-il.
Commentant, aussi, la remarque du Premier ministre laissant comprendre que, lui, le leader du Remake 2000, n’est pas quelqu’un de«cultivé», sir Anerood lui adresse plusieurs attaques de nature personnelle et affirme ne pas vouloir être, dans ces circonstances, «cultivé comme l’est Navin Ramgoolam!».Pour lui, le leader du PTr n’a «aucun amour-propre»et ne serait qu’un «jouisseur». SAJ réaffirme que le Remake 2000 est, en fait, le «cauchemar» du Premier ministre. Aussi, accuse-t-il ce dernier de vouloir, par tous les moyens, briser cette entente MSM/MMM.
«Dilapidation des fonds publics»
Abordant, par ailleurs, le dossier de la Ring Road fissurée avant même son ouverture au trafic, sir Anerood qui rappelle que ce projet routier a, déjà, coûté la bagatelle de Rs 1,3 milliard parle de «dilapidation des fonds publics». Se faisant menaçant, il évoque les «comptes que certains auront à rendre un jour» et s’en prend à un ingénieur étranger ayant travaillé sur le projet et dont, allègue le leader du Remake 2000, le représentant local serait «très proche d’un ministre PTr».
Au sujet de l’affaire DY Patil Medical College, SAJ parle «d’affairisme comme partout ailleurs». Il se demande comment Raj Bappoo, époux de la ministre de la Sécurité sociale, Sheila Bappoo, qui a toujours été connu commeétant un apiculteur se retrouve être, aujourd’hui, directeur d’une institution censée former des médecins. Dénonçant la volte-face du ministre de la Santé, Lormus Bundhoo, dans cette affaire, le leader du Remake 2000 trouve que c’est, avant tout, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui est «le premier responsable».Alors que certaines décisions ont, finalement, été annoncées par les autorités, il estime que la première chose qu’il fallait faire était d’interdire au DY Patil Medical College d’opérer en vue de«protéger les intérêts de tous ceux concernés».
«Le plus tôt les élections générales, le mieux ce sera pour tous»,estime en conclusion SAJ pour qui plus le gouvernement de Navin Ramgoolam s’obstine à «demeurer accroché au pouvoir», plus la population «s’enfoncera dans la misère»et plus il sera, par la suite, «difficile pour le pays de se relever».