En dépit des annonces faites par les autorités pour la restauration des lieux, la Batterie de l’Harmonie, située à Rivière-Noire, est toujours dans un état de décrépitude. Le ministère des Arts et de la Culture voulait en faire une résidence des artistes, mais faute de financement, avance-t-on, le projet n’a pu être concrétisé. Entre-temps, cette structure décrétée patrimoine national en 1985 a été pillée de ses trésors historiques.
Cette bâtisse construite par les Anglais dans les années 1900 leur permettait de surveiller le littoral ouest. La Tour Martello annexée au bâtiment date, elle, de 1834. C’est dire que ce site, classé patrimoine national en 1985, est riche en histoire.
Pourtant, depuis plus de dix ans, la Batterie de l’Harmonie est à l’abandon. Le gouvernement a repris possession du site en 1995, après des baux accordés à la famille Koenig dans les années 40, puis au groupe hôtelier Beachcomber dans les années 70. En 1999, Rs 5 millions avaient été investies pour la rénovation du site. Mais depuis l’endommagement d’une partie du toit par le cyclone Dina en 2000, la Batterie de l’Harmonie sombre peu à peu dans un état de décrépitude.
Pire, il y a quelque temps, le site historique a été la cible des voleurs qui ont emporté bois, pierres et métaux datant de l’époque…
Au ministère des Arts et de la Culture, on laisse toutefois entendre que des mesures ont été prises récemment pour sécuriser le lieu. « Les canons ont été transférés ailleurs. Ils sont sous la responsabilité du National Heritage Fund », indique un porte-parole.
Quand à la réhabilitation du patrimoine, ce dernier avance que le projet de résidence des artistes n’a pas été abandonné. « Cela n’a pu être concrétisé comme prévu faute de financement. Nous allons faire une nouvelle demande dans le cadre du prochain budget. »
De même, d’autres idées ont aussi émergé pour redonner à la Batterie de l’Harmonie sa valeur historique. « L’année dernière, le ministère du Tourisme nous a fait une proposition pour un projet commun. Plusieurs compagnies ont aussi soumis des offres pour un développement touristique, mais aucune décision n’a été prise à ce niveau. »
Entre-temps, le patrimoine est laissé à l’usure du temps. Gageons que son cachet historique sera un jour reconnu à sa juste valeur…