À Pailles, frappée par les grosses pluies depuis 10 h 30 hier, l’accès au pont était interdit à la circulation vers les 13 h. Les pluies du matin avaient provoqué une coulée de boue, rendant l’accès à cette section de la route difficile. La police y a improvisé un barrage routier avec des mains courantes afin de s’assurer qu’aucun véhicule n’ait accès à cette partie de la route. À l’entrée du Domaine les Pailles, la rivière en crue témoignait des averses qui ont touché l’île depuis la matinée. Des trombes d’eau provenant des montagnes se déversaient sur une partie de la nouvelle autoroute faisant partie de la première phase de la Ring Road, obligeant les voitures à ralentir.
À Moka, à l’hôpital ophtalmologique, Manoj, un vigile, devait nous indiquer que « sak fwa lapli, dilo monte. Li pa bokou la, me li rant dan lopital la ». La Casualty Unit de l’hôpital a été partiellement inondée. Heureusement, l’eau entrée dans le bâtiment n’a pas affecté ni les activités ni les appareils médicaux. À 15 h, le personnel de l’hôpital se chargeait de l’évacuer.
À Ébène, l’autoroute menant à Beau-Bassin a été partiellement affectée par une accumulation d’eau, provoquant des embouteillages monstres. Les automobilistes tentant de circuler sur ce tronçon de l’autoroute, freinés par les eaux, ont dû solliciter les policiers présents pour les aider à pousser leurs véhicules.
À Coromandel, la montée des eaux a provoqué la colère des habitants, particulièrement dans le Morcellement Hermitage, une zone à risques. La situation n’y a jamais été aussi critique, affirmaient quelques habitants, qui reprochaient aux autorités de ne pas procéder au nettoyage régulier des drains. Ils ont également dénoncé la multiplication des travaux dans cette région, réduisant le nombre de drains naturels. Melvin Ramasawmy, habitant du quartier depuis une trentaine d’années, soutient que « depuis mars, à chaque fois qu’il y a des grosses pluies, c’est le même spectacle ». L’eau déferlant sur la route Royale, dit-il, vient s’accumuler au Morcellement Hermitage à cause des drains bouchés et les travaux de terrassement du promoteur immobilier Beerjeraz ne font qu’empirer les choses, les averses provoquant des coulée de boue qui empêchent l’eau de circuler. Même son de cloche chez un autre habitant du quartier, qui dit craindre que la lenteur des travaux ne fasse courir aux habitants le risque de subir une coulée de boue. Ce dernier tient à alerter les autorités sur « le développement sauvage » dans cette partie de l’île. « En sept ans, je n’ai jamais vu d’autant d’eau », laisse-t-il entendre. Les habitants du Morcellement Hermitage craignent que d’autres averses ne provoquent une catastrophe, sans compter la prolifération des moustiques avec l’accumulation d’eau sur le site destiné au projet de Hans Beerjeraz.