La guerre ouverte entamée contre Sir Anerood Jugnauth par les rouges continue. Hier, lors d’une conférence de presse animée par le président, Patrick Assirvaden, et le secrétaire général, Lormus Bundhoo, les membres du PTr ont été très virulents envers « le roi soleil ». Selon eux, « le leader du Remake 2000, en déphasage total, dépassé par la réalité politique, n’a qu’une ambition: sauver son fils. » C’est pourquoi il tente de faire diversion en proférant des menaces à tort et à travers lors de ses sorties publiques, contre le PM Navin Ramgoolam. S’ils tirent à boulets rouges contre SAJ, les membres du PTr continuent encore de ménager le leader du MMM, Paul Bérenger. Ils estiment que ce dernier est conscient de la réalité sur le terrain et ne souhaiterait pas s’afficher ouvertement aux côtés du MSM. Cela, en raison d’une méfiance installée depuis quelque temps, selon eux, au sein Remake 2000.
Débutant la conférence de presse par l’actualité qui a retenu l’attention de la population cette semaine, en l’occurrence le litige qui opposait la MSPA et les travailleurs de l’industrie cannière, Patrick Assirvaden salue l’accord signé jeudi. Selon lui, « cet accord vient apaiser un peu les tensions des dernières semaines. » Il fait ressortir que dès le début de ce litige, le PTr, dont Nita Deerpalsing, lui-même et surtout le PM avait pris position « carré carré » en faveur des travailleurs. Cela n’aurait pu être autrement, soutient-il, rappellant la lutte perpétuelle du PTr qui a pris naissance avec le combat pour les travailleurs. Cette prise de position était claire, contrairement à celle du MMM qui a été hésitant sur le sujet, dit-il. « Même le leader du MMM n’a pas été clair dans sa conférence de presse sur ce litige », dit Patrick Assirvaden. Cette note relative au MMM sera la seule négative durant toute la conférence de presse d’hier, axée principalement sur « les menaces d’emprisonnement proférées par SAJ contre le PM. »
Le PTr est d’avis que l’appui du PM envers les travailleurs a été déterminant, voire crucial dans le dénouement de ce litige. « Tout ce qui a causé le progrès des travailleurs à Maurice porte l’empreinte du PTr, » dit le Président du parti, faisant ressortir que « ce n’est pas des politiciens dépassés qui montreront aujourd’hui du doigt la contribution du PTr dans l’avancement des travailleurs. » Patrick Assirvaden ne mâche pas ses mots contre SAJ, qu’il surnomme désormais « le roi soleil ». Selon lui, « SAJ est un politicien à la perte. Il n’a pas d’arguments. Sa démarche même est dépassée, dans le sens large du terme. »
Revenant sur les propos tenus par SAJ, ces derniers jours, il estime que « cela nous démontre son état d’âme. » Se basant sur l’histoire politique de Maurice, il rappelle que « SAJ a menacé de fermer SSR en 1982 mais s’est mis à genoux devant lui en 1983, le suppliant de le sauver de Paul Bérenger. Ce même SAJ qui a menacé de faire pendre Sir Gaëtan Duval menace aujourd’hui de faire emprisonner Navin Ramgoolam. » « Pour nous au PTr, les choses sont claires et démontrent l’état d’esprit de cet homme dangereux à la nation », dit Patrick Assirvaden, qui ajoute que le track record de SAJ est rempli d’exemples quant à son non-respect pour les institutions. « Est-ce que SAJ représente la police, est-ce que SAJ représente le judiciaire, le DPP? Pourquoi se prête-t-il alors à ces rôles s’il devient PM? », demande-t-il.
« Aret menacé, aret kasiet derrière micro pou divagué »
La réponse à cette question, selon les membres du PTr, est que l’unique motivation de SAJ est de sauver son fils. Patrick Assirvaden et Lormus Bundhoo sont d’avis que « l’agitation de SAJ, ces derniers jours, est provoquée par la menace qui pèse sur son fils acculé par la charge provisoire de conflits d’intérêts. » « Le langage et les menaces de SAJ, ces dernières semaines, vont tous dans une seule direction: celle de faire diversion et tenter de faire oublier au peuple l’affaire Medpoint », dit Lormus Bundhoo. Et d’ajouter que cette démarche vise aussi à faire accepter Pravind Jugnauth au sein du Remake par les militants. Pour les membres du PTr, si vraiment l’ex-président de la République détient, comme il le clame, des informations contre le PM, il devrait se rendre à la police pour effectuer une déclaration. « Aret menacé, aret kasiet derrière micro pou divagué », disent-ils, faisant ressortir que la population, plus particulièremeent la jeunesse mauricienne, est très consciente de la situation et n’accepte pas les divagations de SAJ.
Et pas seulement la jeunesse, laissent entendre Lormus Bundhoo et Patrick Assirvaden. Le leader du MMM aussi, soutiennent-ils. Le président et le secrétaire général du PTr affirment que « c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles Paul Bérenger ne souhaite plus se retrouver sur la même plate-forme que SAJ, sachant que les militants n’adhèrent pas à ce ce SAJ tente de faire pour sauver son fils. » Au PTr, les réunions effectuées, ces derniers jours, par le MSM parlent d’elles-mêmes, le nombre de personnes étant, selon eux, la représentation exacte du peu d’intérêt que porte la population à ce parti.
D’ailleurs, remarque Patrick Assirvaden, le MMM l’a bien compris. A part quelques députés de la région, la direction du MMM ne se rend pas dans ces sorties du MSM. Selon lui, « le MMM connaît la réalité sur le terrain. Le MMM sait ce que pense le peuple. » Il confie que la conférence conjointe du MMM et du MSM s’est tenue hier, suivant l’exigence de SAJ « qui a réclamé au MMM l’image d’une équipe soudée. » Mais derrière cette façade, selon Patrick Assirvaden, »la méfiance est installée entre les deux partis du Remake 2000. » Le président du PTr révèle que parallèllement aux menaces du leader du Remake 2000 pour emprisonner le PM, « SAJ a lui-même mandaté Showkatally Soodhun pour entamer des négociations avec les camarades du PMSD. »
Le PTr avoue se perdre en ce qu’il s’agit de qui est à la tête du MSM. « Est-ce SAJ?, est-ce Pravind, est-ce Soodhun ou Bodha? », demande Lormus Bundhoo, soutenant qu' »au MSM, c’est la pagaille. » Evident, ajoute-t-il, l’énergie déployée par SAJ pour sauver son fils des mains de la justice et le placer à la tête du pays. Le secrétaire général du PTr soutient que de toute l’existence du MSM, SAJ a passé son temps à éliminer les gens autour de lui pour faire la place à son fils: « De Harish Boodhoo à Vishnu Lutmeenaraidoo, en passant par Dinesh Ramjuttun, et même par son propre frère, Ashock Jugnauth, SAJ n’a pas hésité à écarter les gens au nom de son fils. » Et d’ajouter que pour tout ce qui arrive au MSM – élimination des figures de proue, démissions du gouvernement, cassure du Remake, dégringolade du parti… –, le dénominateur commun est Pravind Jugnauth que SAJ s’évertue à sauver. Voilà une des raisons pour lesquelles il s’agrippe à Paul Bérenger ou encore profère des menaces contre le PM. « Mais ce n’est pas comme cela qu’il atteindra son but. C’est uniquement avec le soutien de la population, chose qu’il n’a pas », dit Lormus Bundhoo.
Départ d’Ashit Gunga: une question de temps
« SAJ sait que la fin de notre mandat est en 2015. Il sait aussi que notre gouvernement, avec sa majorité confortable, est stable », dit Lormus Bundhoo. Comme le président du PTr, il laisse lui aussi entendre que « le MSM pou continn dévidé ziska 2015. » Il cite en exemple le cas de Pratibha Bholah qui avait juré fidélité au MSM, mais qui s’est rangée du côté du gouvernement pour honorer l’engagement pris devant ses mandants, en marge du programme de l’Alliance de l’Avenir. Un peu plus tôt, commentant les propos de SAJ lors du rassemblement du MSM à Petit Raffray, mardi, Patrick Assirvaden s’était lui référé aux précisions qu’a tenté d’apporter le député orange Ashit Gunga à l’effet qu’il reste au MSM. « Nous l’avions dit pour Pratibha Bholah et nous le disons aujourd’hui pour le député du No 6, car c’est ce qu’il a raconté lui aussi (ndlr: Ashit Gunga). Nous savons qu’il est extrêmement mal à l’aise dans ce parti », lance Patrick Assirvaden. Aux questions de la presse recherchant des précisions sur ce sujet, il répondra que « son départ n’est qu’une question de temps. »
« SAJ n’a pas sa place dans le paysage politique mauricien »
Le PTr soutient que le Remake 2000 qui a connu des secousses récemment est aujourd’hui, après être passé par un coma, « au point mort ». Si cette situation semble réjouir le parti, il est d’avis que la priorité du moment est l’intérêt du pays qui fait face à d’énormes challenges économiques et sociaux.
Patrick Assirvaden souligne que « nous avons besoin de gens qui veulent travailler comme nos ministres, comme tous les membres du gouvernement, à l’avancement du pays. Nous n’avons pas besoin d’un roi soleil qui vient défendre son clan familial. »