Les divers produits fabriqués par la compagnie

Sivam Printing, fondée en 1985 par Dhanabarlen Annasamy, est aujourd’hui gérée par sa fille et son gendre, Rooben Narraidoo, un habitant de Riche-Terre âgé de 43 ans. Cette entreprise fonctionnait à l’ancienne, notamment avec l’impression offset et des caractères en plomb. Mais depuis 2011, Rooben est venu révolutionner la compagnie en introduisant des machines plus sophistiquées pouvant offrir une panoplie de produits modernes, à la grande satisfaction des clients. Grâce au succès réalisé, Rooben projette d’agrandir la compagnie et employer plus de personnes.

Rooben Narraidoo

Depuis qu’il est petit, Rooben rêvait de faire carrière dans le domaine de la gastronomie, étant un grand passionné de la cuisine. Mais son rêve ne sera pas réalisé. Rooben a abandonné les études après la Form V. Il a aussitôt pris de l’emploi dans le secteur du fret, où il était affecté au département de dédouanement. Ensuite, il a exercé comme Quantity Controller dans une autre firme privée. Au fil des années, Rooben a changé plusieurs entreprises et a occupé plusieurs postes de responsabilité. Avant qu’il ne devienne entrepreneur, Rooben a travaillé dans le département de la comptabilité dans une société privée. « Entre 2004 et 2009, j’ai acquis de l’expérience dans le domaine de la comptabilité ainsi que la gestion d’une entreprise. En 2009, j’ai décidé de tout abandonner pour aller en Irlande en quête d’un meilleur travail et une meilleure vie. Mais en 2011, je suis retourné à Maurice à la demande mon beau-père, le fondateur de Sivam Printing », relate Rooben.
Sivam Printing a été fondée par Dhanabarlen (Naden) Annasamy en 1985. Aujourd’hui âgé de 69 ans, il est à la retraite, laissant son entreprise entre les mains de sa fille et de son gendre. « Jeune, j’ai travaillé dans plusieurs imprimeries à Maurice. Au fil des années, j’ai développé une passion pour le métier et c’est avec ce même engouement que j’ai lancé Sivam Printing en 1985 », affirme Naden.

Les machines ultra sophistiquées pour les impressions en couleur

À l’époque, le système était complètement différent du système actuel. Naden raconte que toutes les procédures étaient manuelles. « Il y avait des machines semi-automatiques, des machines à pédales, des caractères en plomb, entre autres. Ce métier était bien plus dur qu’on ne le pense. Le montage se faisait par plusieurs étapes. Mais je n’ai jamais songé à abandonner. J’ai même réussi à imprimer des pages en couleur avec cet ancien système. Grâce à la passion que je vouais pour ce que je faisais et à la persévérance, j’ai réussi à gérer la compagnie pendant plusieurs années », souligne notre interlocuteur.

Même s’il a choisi un métier difficile, Naden a relevé le défi seul. Ce n’est que plusieurs années plus tard qu’il a employé une personne. « C’était un ami de longue date. Il est venu m’épauler mais malheureusement pas pour longtemps. Dans les années 90, il est décédé et je n’ai pas pris de remplaçant. J’ai géré la compagnie jusqu’à ce que je n’en puisse plus. À l’époque, j’avais comme clients plusieurs ministères et entreprises. Je fabriquais des carnets, des boîtes, entre autres. J’ai commencé à livrer mes produits à bicyclette, puis à moto. Ce n’est que des années plus tard que j’ai acheté mon premier véhicule », dit-il.
En 2011, l’entreprise est ainsi reprise par Rooben et son épouse. « Vu son âge avancé, mon beau-père ne pouvait plus gérer la compagnie. Il y avait alors deux options : soit on ferme la compagnie, soit nous acceptons de la reprendre. Mon épouse et moi avons jugé important de préserver ce bijou familial et nous avons pris le relais. Mon épouse a grandi dans cette imprimerie. Elle a assisté son père depuis qu’elle est petite. Jeune, elle est même allée suivre une formation en “graphic design”. De mon côté, j’avais suffisamment d’expérience dans la gestion d’une entreprise. Alors la reprise de la compagnie n’a pas été du tout difficile », indique Rooben.

Un ressortissant indien assemblant des boîtes pour épices pour une compagnie

Avec un nouveau défi à relever, Rooben avait du pain sur la planche. Son principal objectif était de diversifier les activités de la compagnie. « Quand mon épouse et moi avons repris la compagnie, elle fabriquait les mêmes produits. Or, pour survivre à la concurrence féroce dans le domaine, il fallait venir avec plus d’idées. Alors, nous avons décidé d’offrir une plus grande variété de produits et de services à nos clients », fait-il ressortir.

Pour commencer, Sivam Printing a évolué de l’offset printing à la production des banderoles, des “banners”, et autres enseignes digitales. « Nous fabriquons aussi des enseignes lumineuses et affiches pour divers événements. Nous offrons aussi plusieurs services, comme la photocopie, le “binding”, la gravure sur plume, tasses, casquettes, parapluies, le “graphic design”, la sérigraphie, la plastification, la découpe, le “hotfoil”, entre autres. En ce qui concerne l’imprimerie, nous imprimons des logos, cartes de visite, enveloppes personnalisées, “letterhead”, affiches, brochures, magazines, autocollants, calendriers, cartes d’invitation ou de souhait, boîtes pour diverses occasions, entre autres. Nous avons évolué selon la demande du marché et je dois dire que Sivam Printing a survécu grâce aux nouveaux produits et services implémentés », avance Rooben.

Le couple Narraidoo mise beaucoup sur la technologie et la modernité. « Il fallait sortir de ce système classique et traditionnel et offrir des produits tendance sur le marché. Nous nous inspirons aussi des tendances à l’étranger, ce qui attire les clients », ajoute-t-il. Afin de réussir leur coup, il a fallu à Rooben et à son épouse investir davantage dans les machines. « Aujourd’hui, le service d’imprimerie ne tourne plus seulement autour des papiers et des carnets. Nous produisons aussi des boîtes pour gâteaux, des sacs, des emballages pour épices, des cartes d’invitation. Il nous a fallu investir dans les machines appropriées afin de répondre à la demande de nos clients. La majorité des produits sont personnalisés et nous devons être en mesure de pouvoir offrir le meilleur service », soutient le directeur de la compagnie.

Maintenant que la compagnie s’est fait un nom dans le domaine sur le plan local, Rooben projette d’agrandir l’imprimerie. Il a fait l’acquisition d’un terrain à côté et compte démarrer les travaux de construction prochainement. « Mon beau-père a travaillé seul mais quand nous avons repris la compagnie, nous avons commencé à employer des gens. Aujourd’hui la compagnie compte huit employés au total mais nous projetons d’employer d’autres personnes cette année et à l’achèvement de la deuxième phase du bâtiment, nous ferons venir des personnes compétentes de l’Inde », indique Rooben.

Par ailleurs, il aspire à se lancer dans l’exportation de ses produits, notamment vers les pays d’Afrique. « Nous avons réussi à conquérir le marché local en quelques années seulement. Il est maintenant temps de cibler le marché étranger. Nous fabriquons des produits modernes qui pourraient certainement fasciner le marché étranger. Et si nous parvenons à conquérir le marché étranger, nous pourrons dormir sur les deux oreilles », soutient-il.