Selon une pub dans le cadre de la Fête des mères, qui poussera toujours à la consommation à tous crins, bien après le dimanche 31 mai. Offrir six verres et une carafe (qui, tant va à l’eau qu’à la fin elle se casse) à maman, et un rasoir assorti d’une mousse à raser, des chaussettes ou des mouchoirs à papa (bien que la Fête des pères soit célébrée dans plusieurs pays le troisième dimanche de juin), est d’une grande banalité. D’une extrême ringardise.
Qu’importe si le gamin a économisé les sous de son argent de poche ou pas (on ne va quand même pas inculquer aux enfants les vertus de l’économie, que diable !). Ce sont pour les banques et les magasins de potentiels emprunteurs et clients de vente à tempérament. La méchante pub incite donc les enfants à se rendre dans un magasin afin d’acheter des cadeaux qui feront dire “whaow !” aux parents.
Jusqu’ici, ankor bon mem la. Ce ne sera plus le cas lorsqu’on apprendra la nature et la fonction desdits cadeaux qui ont fait s’exclamer la maman et le papa, il y a quelques secondes. Pour maman : un micro-ondes, qui fait aussi du yaourt ! Et pour papa : un téléphone portable dernier cri (pour mieux se faire comprendre lorsque le réseau propose des fritures). Mais avec quel fric ces gamins (qui, à l’évidence ne sont pas en âge de bosser) vont-ils payer ces super-cadeaux à leurs parents ? Devront-ils contracter un prêt auprès de grand-mère ? J’imagine mal une fillette et un garçon prépubère toucher une enveloppe d’argent de poche suffisamment garni leur permettant d’effectuer de telles acquisitions. Où est la morale dans cette histoire ?
Avec des “si” à mettre Paris en bouteille et des “peut-être que”, on me dira que ces gamins disposent d’un compte en banque (alimenté par maman-papa) ainsi que d’une carte de débit qui leur apprend, dès le plus jeune âge, à se responsabiliser devant le pognon et à acquérir une certaine maturité dans la gestion de leurs portefeuilles. Les aura-t-on aussi informés que le Père Noël n’accepte pas les chèques ?
Faut-il au passage signaler au bon souvenir des uns et des autres que le magasin qui inaugura la vente à crédit à Maurice connaît des moments d’incertitudes ? Je me demande ce que les enfants de ces employés offriront à leurs parents… Une carafe avec six verres ou un rasoir trois lames assorti d’un tube de mousse à raser… C’est que le cynisme gagne du terrain ces derniers temps dans la bonne société mauricienne. Et ce n’est guère du badinage à la Roshi…