En mélangeant la musique traditionnelle tamoule à des sonorités occidentales et locales, Skky Crew donne forme à une nouvelle musique mauricienne. Le rythme est entraînant, l’ambiance riche en saveurs. En huit ans d’existence, trois albums et plusieurs live, ses neuf membres se sont construits une notoriété en faisant découvrir la beauté née de la diversité.
Parti d’une expérience réunissant plusieurs amis, Skky Crew s’est transformé en une plate-forme d’innovations musicales d’où il envisage le présent et l’avenir sur les airs d’une ballade optimiste. Dans sa conquête des étoiles, pour monter jusqu’au ciel et aller au-delà, l’équipage s’est créé un genre musical qui le place à la confluence de styles, de périodes et de cultures. Entre l’Orient et l’Occident, entre le classique et l’électrique.
S’il s’agissait d’un plat, enrobé d’un fumet universel, il aurait provoqué une explosion de saveurs piquantes à souhait, subtiles comme on les aime, riches et puissantes au point de réchauffer coeurs et âmes. Skky Crew utilise comme ingrédients de base les sonorités de la musique traditionnelle tamoule, qu’il saupoudre de RnB, de hip hop et de reggae, entre autres. Le mélange s’articule autour du principe du séga dans un rythme accrochant pop moderne dravidien à la Why this Kolaveri di ?
Why this… ?
Écrite et chantée par la pop star tamil Dhanush, Why this Kolaveri di ? (Pourquoi ce regard assassin ?) connaît actuellement un succès mondial phénoménal. Lancé en novembre 2011 et figurant sur la BO du film 3, le clip a été vu plus de 9 millions de fois sur YouTube. Adopté à travers le monde, le titre a déjà été repris en plusieurs versions et langues.
Depuis janvier 2012, la chanson existe aussi en kreol. Sortie en janvier 2012, cette version mauricienne est le dernier gros succès de Skky Crew. C’est la chanson que le groupe a présentée en live au Champ de Mars lors des festivités officielles pour célébrer la fête nationale.
Maathiyorsay
Après huit ans d’existence, Skky Crew jouit à présent d’une réelle reconnaissance dans le milieu artistique mauricien. Daiyvum Nee (2007), Dravidian Vibration (2010) et Maathiyorsay (2011) sont les albums qui ont fait connaître sa musique au public mauricien. Skky Crew se produit régulièrement sur scène pour des concerts, des spectacles en discothèque et d’autres animations musicales dans le cadre de différentes fêtes. L’année dernière, il était en tournée en France. Comme d’autres orchestres populaires, il chauffe souvent la foule avec des reprises : “Mais nous ne nous contentons pas uniquement de reprendre ce que font les autres. Notre répertoire est avant tout constitué de nos propres compositions”, précise Jocelyn Bugwondeen, claviériste.
Amizé.
Ces compositions en tamoul, anglais et kreol sont généralement attribuées à la tête pensante de Skky Crew, Sandy Kullean. Il parle d’amour et de la vie en général, raconte des histoires drôles, aborde des thèmes liés aux maux de la société. “Nous avons grandi à l’écoute de Lataniers. Son influence sur nous est évidente”, souligne Sandy Kullean.
Tout comme Evolozik, Skky Crew n’a pas remporté le concours Rêve de Star, où il s’était dévoilé au public, il y a quelques années. L’équipe a connu d’autres moments de gloire. C’est ainsi que Amizé Mamé a pris la troisième place du hit-parade de deux radios, se classant derrière le disque de l’année 2010.
Sensibilités.
Jusqu’à Rêve de Star, les neuf membres du groupe, habitant Stanley, évoluaient séparément. “Nous avons constitué Skky Crew pour nous présenter au concours; depuis, nous cheminons ensemble”, confie Sandy Kullean. “Nous aurions pu avoir fait de la musique tamoule ou du séga. Nous avons choisi plutôt la fusion”, poursuit-il. Ce choix s’est effectué “naturellement. Nous avons ressenti les choses ainsi.”
Les sensibilités de chacun des membres ont été prises en compte pour donner forme au style recherché. “Nous avions adopté le style tamoul pour base. Jocelyn, qui joue dans une chorale, a apporté cette technique au sein du groupe.”
La musique de Skky Crew n’a jamais cessé d’évoluer, en fonction des occasions. C’est ainsi que le groupe a fait de la place pour accommoder d’autres artistes : Don Panik, Caroline, Ton Rolo. Ses musiciens accompagnent régulièrement Nitish Joganah dans les concerts de ce dernier. Avec le reggae tamoul composé il y a peu, l’équipage espère atterrir sur d’autres scènes.
Sans frontières.
“La musique que nous jouons est à l’image des membres du groupe”, souligne Kaleivani Runghen : “Elle est jeune, elle a du punch, elle est joviale et est ambitieuse.” Définie par Sandy Kullean comme étant une “musique mauricienne”, celle de Skky Crew “ne connaît aucune barrière, aucune limite de langage. Du moment que la personne arrive à ressentir sa vibration, elle comprend tout de suite ce qui se passe”, dit Krishna Runghen. “Elle est comme le ciel. Elle n’a ni religion ni race”, précise Guruna (Gervais) Cuttian.
Le groupe consacre beaucoup de temps à sa musique et se renouvelle constamment. Gervais Cuttian précise : “Faire de la musique reste avant tout une passion pour nous. Ce n’est pas notre travail. Nous jouons pour le plaisir.” Pour Sandy Kullean, cela ne pouvait en être autrement : “La musique, c’est un plaisir qu’il faut partager.” Jocelyn Bugwondeen ajoute : “Avec notre musique, nous sommes là pour faire plaisir à un public de 7 à 77 ans qui aime la musique mauricienne, orientale et occidentale.”
Ansam.
Skky Crew demeure confiant que son évolution continuera parce qu’une grande amitié unit tous ses membres. “Kan bizin bwar vineg, nou bwar li ansam. Kan ena dimiel, nou bwar li ansam”, résume Jocelyn Bugwondeen. Soulignons que la formation est aussi composée de Sandyren Kullean, Lovena Kullean, Maryvonne Bugwondeen, Tanessen Parapen et Jordan Antonio. Comme d’autres artistes, Sandy Kullean regrette qu’il n’y ait pas plus d’espaces à Maurice pour que les artistes puissent se produire. La rencontre avec le public demeure un instant précieux pour ces chanteurs et musiciens.
Le prochain grand rendez-vous est pour bientôt. Le 13 avril, Skky Crew sera sur la plage de Blue Bay dans le cadre du concert qui y sera donné pour marquer l’an 5114 du nouvel an tamoul, Varusha Pirappu.