Stelio Pierre Louis a été sacré champion de la compétition de slam, organisée dans le cadre des 9e Jeux des îles de l’océan Indien, à La Réunion. La compétition a vu la participation de sept finalistes et s’est déroulée au théâtre Vladimir Canter, à Sainte-Clotilde, le 8 août.
Heureux de cette consécration régionale, le slameur rodriguais affirme qu’il s’était bien préparé, mais avoue aussi qu’il n’avait jamais pensé devenir le champion de la région, tout simplement parce qu’il ne connaissait pas le niveau de ses concurrents venus des Comores, de Madagascar, des Maldives, de Mayotte, de La Réunion et des Seychelles. La 2e place est allée à La Réunion et la 3e à la république malgache.
Stelio Pierre Louis avait présenté trois textes pour la sélection nationale, qui avait eu lieu fin juillet à l’Institut Français de Maurice (IFM). « J’en ai gardé deux et j’ai remplacé le troisième par un texte en créole qui parle de la culture commune des îles de l’océan Indien. » D’ailleurs, son expérience réunionnaise lui donne raison : « C’est ma première expérience régionale et je me rends compte que nous avons tous quelque chose en commun. On ressent une chaleur particulière en étant ensemble. » Une expérience différente de ce qu’il a vécu en France, en 2011, à l’occasion des championnats de slams de France : « Là-bas, c’était différent. Il fallait faire cet effort d’aller vers les autres pour mieux les connaître. »
Stelio Pierre Louis explique sa démarche et les thèmes abordés dans ses textes. « Dan premye text-la, mo dan enn lavion et mo senti mwa malalez. » Le slameur utilise l’avion comme métaphore pour parler de son « mal-être créé par la manière d’agir des gens dans la société ». L’autre texte parle d’amour, « un thème universel », souligne-t-il. C’est d’ailleurs le texte qu’il a présenté à la finale nationale en juillet et à la compétition des jeux à La Réunion. Notre interlocuteur précise que les textes présentés dans le cadre des compétitions sont écrits avec ce but précis. « Je ne mélange pas compétition et passion », dit-il. Pourquoi ? « Parce que j’ai d’autres projets pour mes écrits. Je pense publier un recueil », répond-il.
Notre interlocuteur souligne la différence qu’il fait entre poésie et slam. « Le premier est fait pour être lu, le texte est plus travaillé, alors que le second est conçu pour être récité. Les structures sont différentes. Dans le texte à être dit sur scène, il n’y a pas de ponctuation, tout est dans la performance. On peut prendre un texte et le lire, mais, sur scène, le slameur peut l’orienter différemment et on est présence de toute autre chose », soutient-il. « Parfois, poursuit notre interlocuteur, un texte fait pour être lu peut perdre de sa magie s’il est utilisé dans le cadre d’une performance. »
Outre la compétition, les artistes ont donné des représentations publiques et ont participé à des divers ateliers, notamment d’écriture, de poésie, vidéo et d’enregistrement. Le tout « dans un esprit fraternel ». Comment a-t-il vécu le malaise installé durant ces jeux, à commencer par le départ des Comores ? « À notre niveau, on ne l’a pas ressenti. On a vécu un moment de partage formidable sans vouloir allier l’art et la politique », affirme-t-il.
Selon Stelio Pierre Louis, les slameurs souhaitent que cette compétition inaugure un volet culturel au niveau des Jeux des îles de l’océan Indien. « Pourquoi pas dans d’autres disciplines également, comme le chant ou la danse par exemple… », conclut-il.