Dix mots pour la francophonie. Le concours de slam organisé par l’IFM dans le cadre de la semaine de la Francophonie a été remporté par Véronique Nankoo-Barnes. Écrivain et poète, auteur du livre Arc-en-Ciel, elle a fait mouche avec ses mots dits dans la langue de Molière. L’artiste se raconte elle-même à travers ce texte que nous publions.
Fille d’Alain et Jacqueline Nankoo, soeur aînée de Virginie et Elisa, mariée à Jeff Barnes, je suis née à Rose-Hill en 1981. Je fréquente un collège catholique de Curepipe, le Collège Notre-Dame, de 1993 à 2000. Le HSC en poche, je cumule plusieurs petits boulots pour financer mes études, puis obtiens un diplôme en Humanities de l’Université de Maurice.
Je m’envole pour la France en 2004 pour y étudier les Lettres Modernes, après m’être inscrite à l’Université de Cergy-Pontoise en Ile-de-France. Je travaille sur “L’enfant et la société coloniale dans Les Noces de la Vanille de Loys Masson”, mon auteur fétiche. Mon directeur de mémoire, Madame Christiane Chaulet-Achour, m’est d’un grand soutien. J’obtiens ma maîtrise – Mention Littérature Francophone – ayant pour jury spécial, le jour de ma soutenance, Madame Dominique Fattier (spécialiste en créolisation). De 2010 à 2011, j’obtiens mon PGCE (Post Graduate Certificate in Education), avec pour directeur de mémoire M. Bruno Jean-François, un homme exceptionnel. À ce jour, j’enseigne le français et la littérature française au Collège St Mary’s (SMC). J’anime aussi un club d’expression avec ma collègue et amie, Joanne Finiss, au SMC, le jeudi après les cours (le St Mary’s Xpression Club – le “startonik”). Le “startonik” est essentiellement composé d’élèves du Prevok (Form II Green).
Théâtre.
J’ai toujours été passionnée de théâtre et de littérature et j’écris depuis toujours, je crois. Je suis particulièrement touchée par l’injustice, la souffrance d’autrui et la maladie de ma mère, qui décède d’un cancer à 44 ans. Étant la plus âgée des filles, je dois me battre pour ma famille, pour continuer d’aller à l’école malgré les soucis financiers et aussi pour ne pas sombrer. La poésie devient alors mon exutoire.
Je publie mon premier texte (une pièce de théâtre) en 2011, et le lancement se fait à l’IFM. Je n’avais jamais pensé publier avant ma rencontre avec l’écrivain mauricien spécialisé jeunesse, Amarnath Hosany, lors d’un atelier animé par Nathalie Fillon. Il est aujourd’hui mon grand ami. Je monte Arc-en-Ciel en 2007 pour le National Drama Festival. Lors de ce concours, la pièce est primée et le St Mary’s Drama club rafle huit prix.
Sources.
Le slam, c’est le retour aux sources… La poésie reste mon premier amour et le slam se situe à mi-chemin entre le théâtre et la poésie. Et puis, participer à ce concours, c’était pour moi un challenge que je voulais relever pour mes élèves. Je voulais tout simplement leur montrer le chemin car, pour moi, l’important n’est pas de gagner ou de participer. L’important, c’est de tout donner – quand on écrit, quand on se prépare et quand on est sur scène. Je voulais leur enseigner cette valeur.
Pensée spéciale pour Fanio, un grand poète-slammeur.
Je dédie ma victoire à mes élèves que j’adore, à mon collège, à mon formidable époux, à ma famille exceptionnelle, à mes amis et aussi à ceux qui me critiquent. Merci. Comme je suis perfectionniste, cela m’aide à toujours viser les étoiles.