Quelques mois à peine après sa sortie mondiale, le Pureview 808 de Nokia a débarqué chez nous. Un smartphone de plus, direz-vous. Oui… et non. Car l’engin sort définitivement de la norme. Son plus : une technologie de prises de photos inédite pour cette gamme d’appareils.
Début août, HM Rawat, distributeur officiel de Nokia à Maurice, annonçait en grande pompe l’arrivée à Maurice du Pureview 808. L’appareil, qualifié de “smartphone”, embarque surtout un appareil photo haut de gamme, faisant du mobile l’un des maîtres incontestés en cette matière. Au point que l’on se demande aujourd’hui s’il ne faudrait pas plutôt parler de “super-photophone”. Le point sur l’objet numérique sans doute le plus tendance du moment.
Passons d’emblée en revue les caractéristiques techniques du mobile : processeur ARM 11 simple coeur cadencé à 1,3 GHz, 512 Mo de SDRAM et 16 Go interne, écran AMOLED, Wi-Fi, Bluetooth 3.0, GPS, radio FM RDS… Le tout sous OS Symbian et muni d’une batterie permettant jusqu’à onze heures d’autonomie. Voilà, tout est dit, ou presque. Car à quoi bon finalement s’attarder sur des aspects techniques somme toute communs à de nombreux smartphones du moment.
“Suréchantillonnage”
Vous l’avez compris, le principal intérêt du Pureview 808 est ailleurs : dans son dispositif très élaboré de prises de photos d’une qualité jusqu’ici inégalée sur ce type d’appareil. Il faut ainsi d’abord savoir que le photophone embarque un capteur de 41 MPix de type 1/1,2’’, permettant une densité de pixels plus que raisonnable face aux compacts du marché. Le “plus” de l’engin vient en fait de l’utilisation de deux objectifs différents autorisant la réduction de “bruit numérique” au niveau de l’image ainsi que la possibilité de zoomer par recadrage (ni optique, ni numérique) lorsque l’on passe en mode “Pureview”, mais avec une résolution moindre.
Certains se diront que, dans ce cas, l’image ainsi obtenue sera de moins bonne qualité. Qu’ils se détrompent : car ici, l’image obtenue ne l’est pas par interpolation de pixels, avec pour résultat de n’avoir aucune dégradation lorsque l’on effectue un “zoom”. Une fonction d’ailleurs également disponible en mode vidéo, ce qui constitue un “plus” indéniable. Seul bémol : l’absence de stabilisation d’image, ce qui est préjudiciable en zoom 3 ou 4x.
Le PureView 808 tire également son épingle du jeu en “mode normal”, grâce au “suréchantillonnage”. La technique est simple : l’appareil analyse plusieurs pixels du capteur – dont le nombre dépend de la résolution choisie – pour n’en former qu’un, mais de meilleure qualité, permettant ainsi d’obtenir une image affinée, débarrassée de tout bruit numérique. Les connaisseurs remarqueront que d’autres appareils disposent déjà de ces deux technologies, et ils auront raison. En revanche, c’est bien la première fois qu’elles sont toutes deux présentes sur le même appareil. Rappelons qu’il s’agit ici d’un smartphone, et non d’un appareil photo numérique.
Côté prise en main, celle du photophone est assez bonne dans l’ensemble. La prise de photos est en effet facilitée par le matériau utilisé (du plastique aux propriétés “agrippantes”) et des commandes physiques, en l’occurrence deux boutons, l’un pour déclencher et l’autre pour zoomer. Reste que la prise en main demeure moins bonne qu’un appareil photo classique. À noter que l’appareil dispose cependant (mais en option) d’une pince permettant de le fixer à un trépied si besoin est.
Qualité “phénoménale”
L’écran est aussi de bonne facture. Sa dalle AMOLED (de 4 pouces) offre en effet une visibilité quasi parfaite dans tous les cas de figure. Une sensation agréable accentuée par l’interface, très bien construite, axée évidemment sur la prise de photos. Notons la présence de raccourcis fort pratiques aux habituelles options, comme le flash (puissant pour un smartphone), la balance des blancs ou les différents modes (automatique, scènes et créatif), le tout en “100% tactile”.
Si le 808 Pureview possède de nombreux atouts, l’on peut cependant regretter son manque de réactivité par rapport à un appareil photo compact traditionnel. En revanche, ce dernier demeure rapide face aux autres smartphones. Ce qui, finalement, rend l’appareil largement suffisant dans la majeure partie des cas. D’autant que cette petite “faiblesse” est rapidement oubliée au vu de la qualité de l’image, largement supérieure aux meilleurs smartphones actuels. C’est notamment le cas en 38 MPix, où la quantité de détails capturés est assurément phénoménale. Si les images apparaissent toujours très “propres” de 50 à 400 ISO, les contours commencent à perdre (un peu) de leur fraîcheur au-delà de 800 ISO.
En conclusion, le Nokia 808 PureView est simplement une “pure” merveille en ce qui concerne la prise de photos. Même si l’on le compare à nombre de compacts ou de reflex, quoi que l’on puisse regretter l’absence de certaines fonctions (HDR, panoramique, mode “rafale”, indication de vitesse…) et d’un système de stabilisation d’images en mode “zoom”. Ses caractéristiques techniques mises à part, l’appareil ne propose également pas une prise en main comparable à celle d’un véritable appareil photo, se révélant même quelquefois légèrement handicapant, dépendant des situations. Mais attention : encore une fois, le Pureview 808 n’est “pas” un appareil photo. Autant dire que dans sa catégorie, il surclasse tous ses concurrents sur ses fonctions dédiées à la photo et la vidéo, tout en restant pour le reste un “très bon” smartphone.