Les détails concernant le SME Development Scheme, qui a été approuvé par le cabinet la semaine dernière, ont été présentés à la presse hier par le ministre des Finances et du Développement économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le ministre du Business, de l’Entreprise et des Coopératives, Soomilduth Bholah. Ce plan fait provision pour des financements au taux fortement bonifié de 3,4% sans qu’aucune garantie personnelle ne soit exigée. De plus, les entreprises concernées seront exonérées de la Corporate Tax pour les huit premières années d’opération et seront exemptées de la TVA sur les équipements de production.
Selon le ministre des Finances, le SME Development Scheme est un plan « visant à encourager les Mauriciens », et les jeunes en particulier, « à se lancer dans les affaires et à participer à l’émergence d’une nouvelle économie entrepreneuriale et diversifiée ». Selon le ministre des Finances et du Développement économique, les PME deviendront « la principale locomotive de l’activité économique dans cinq ans ». Une enveloppe « colossale » de Rs 10 milliards est allouée au projet de financement des PME et sera gérée par le ministère des  Finances.  
Les SME Development Certificates, eux, seront délivrés par My Biz, qui tombe sous la responsabilité du ministère du Business, de l’Entreprise et des Coopératives, aux entrepreneurs dont les projets correspondent aux secteurs d’activité identifiés comme étant prioritaires, à savoir les Tic et l’exportation des services, l’activité manufacturière, la “bio-farming” et les activités “agri-business” à valeur ajoutée, l’aquaculture et les activités annexes à valeur ajoutée, les énergies vertes et renouvelables, l’artisanat ainsi que tout autre secteur productif susceptible de générer des emplois.
Dans un premier temps, un comité – présidé par le  secrétaire permanent du ministère du Business, de l’Entreprise et des Coopératives – délivrera, après examen du dossier, une “letter of intent” à condition qu’il soit satisfait que le projet de l’entrepreneur corresponde bien aux critères ayant trait aux secteurs d’activité prioritaires. Le SME Development Certificate sera octroyé une fois que l’entrepreneur aura pu sécuriser les financements nécessaires auprès de la MauBank. À noter que seules les PME constituées en tant que compagnie et enregistrées auprès de la SMEDA à partir du 2 juin 2015 sont éligibles au SME Development Certificate.
Les détenteurs du SME Development Certificate ont droit à un plan de financement spécial de la MauBank, libellé “MauBank SME Financing Scheme”, dont les principales caractéristiques sont : un taux d’intérêt largement bonifié de 3,4% (taux directeur repo – 1%); un financement jusqu’à 90% de la valeur du projet avec une période de remboursement allant jusqu’à 10 ans; et un moratoire de deux ans sur le remboursement du capital, dépendant du profil risque de l’entrepreneur. Aucune garantie personnelle ne sera par ailleurs exigée. Les charges fixes ou flottantes sur les actifs de la compagnie seront acceptées comme sécurité.
Les entrepreneurs éligibles au SME Development Certificate pourront bénéficier d’un “grant” équivalant à 10% de la valeur du projet, mais plafonné à Rs 150 000. Ces fonds serviront à financer la formation et l’accompagnement technique des entrepreneurs ainsi qu’à payer les services d’un professionnel pour monter un business plan, etc.
Les détenteurs de SME Development Certificate bénéficieront en outre d’exonérations d’impôts sur les huit premières années d’opération. Ils auront aussi droit à des exemptions de la TVA et des droits de douane sur l’achat d’équipements de production.
Le plan spécial de financement PME existant, pratiqué par les banques commerciales, continuera en outre à opérer en parallèle. Des facilités d’une valeur totale de Rs 5,8 milliards ont été allouées à 4 200 entreprises sous ce plan entre le 1er décembre 2011 et le 31 décembre dernier.
Le taux (bonifié) pratiqué dans ce cas est de 7,4% (taux directeur repo + 3%). Les entrepreneurs qui ne sont pas éligibles au SME Development Certificate pourront bénéficier de ce plan existant.
Lors de la conférence de presse d’hier, le ministre des Finances a tenu à préciser avoir personnellement recruté Chand Badhain (le père du ministre de la Bonne gouvernance) à la présidence de la Banque de développement de Maurice (DBM) « sur la base de ses compétences pour l’avoir connu à la Mauritius Export Development Investment Authority (MEDIA) depuis longtemps ». Il devait également confirmer que la DBM sera convertie en une agence de récupération des dettes.
Le ministre Lutchmeenaraidoo quitte le pays cet après-midi pour Washington, où il sera l’invité du président Obama à son dernier National Prayer Breakfast en tant que locataire de la Maison Blanche. Le ministre des Finances, qui sera accompagné du secrétaire financier Dev Manraj et du gouverneur de la Banque de Maurice Ramesh Basant Roi, aura également des sessions de travail avec la Banque mondiale et le FMI. Il sera question de “ease of doing business”, des préparatifs en vue de la présentation du Budget et du Financial Sector Assessment Program (FSAP).