Femme entrepreneur et savonnière autodidacte, Lise Maujean nous propose une incursion dans le monde de la cosmétique. Elle nous parle de sa passion. Le regard pétillant, le débit haletant, elle nous fait l’exposé de son « art du bain » ou du « comment rendre gourmand ». Elle nous amène loin du cliché folklorique national « bar savon ». La jeune femme ne fait pas dans le vrac. Sublimer la toilette, redonner un cachet esthétique au moment d’intimité. Voilà ce que tente Lise Maujean.
Nous nous rendons à Constance où habite Lise Maujean. Nous nous dirigeons vers sa porte avec un choix des idées reçues : le savon, quoi de passionnant ? Un objet carré, ancré dans la routine du quotidien… Rien de spectaculaire, rien d’enivrant. L’on sait à quoi s’attendre. Et pourtant…
Nous suivons Lise Maujean le long du corridor vers la pièce qui abritent ses créations. Presque une révélation… Notre itinéraire qui, jusque-là se présentait de façon anodine, renvoie au conte de Grimm. Le charme opère. Nous voilà, comme Hansel et Gretel, subjugués devant l’appel gourmand… d’une savonnette. La jeune femme entrepreneur aura su décliner ses produits sous des formes les plus insolites. Son savon, elle nous le présente en cup cakes, en gâteaux marbrés. L’aspect visuel rappelle le flan, la crème brûlée – tout le côté voluptueux et sensuel d’une pâtisserie moelleuse et distinguée magnifié par une lumière naturelle. Les rayons épars du soleil dessinent une aquarelle pâtissière : un mélange de couleurs chocolat, fuschia et miel. L’artisan saura combler l’esthète.
Mais à ne pas s’y fourvoyer ! Au toucher, le savon reste du savon. La texture ne trompe pas et nous extirpe d’une rêverie passagère. Subsiste quand même une appréhension : c’est si beau qu’on n’aurait pas envie de souiller un travail d’orfèvre avec le frottement banal et routinier d’une activité routinière. Prendre une douche revêt souvent du mécanique. « Mais non, cela commence à entrer dans les moeurs mauriciennes. On fait de la toilette un moment particulier. » La savonnette de Lise Maujean n’est pas qu’un objet de décoration pour salle de bains. « Ce serait dommage de ne pas utiliser un produit si bon pour la peau », indique-t-elle.
Nous sommes ainsi embarqués dans les détails de ce qui fait la plus-value de la savonnette façon Maujean. « Déjà, contrairement au savon industriel, mon produit est surgraissé. Je n’enlève pas la glycérine, ce qui assure un complément de douceur. Les propriétés naturelles ne sont pas estropiées. De plus, le procédé de fabrication utilisé chez nous exclu la matière grasse. Nous n’utilisons que des huiles essentielles, ce qui ajoute aux vertus exfoliantes du savon. » Mais encore, Lise Maujean évoque les propriétés antioxydantes du beurre de karité, la douceur du miel, le cacao comme puissant anticellulite tant d’ingrédients qui viennent sublimer une concoction déjà très élaborée. Nous avons également relevé une touche locale dans son travail. Par exemple, la bière contiendrait des agents actifs contre le vieillissement de la peau et le sucre de canne favoriserait l’hydratation de la peau.