Nos débats sur la sexualité se nourrissent de drames qui frappent de jeunes enfants. Des enfants abusés. Impuissants. Enfants des familles éclatées. Enfants seuls, livrés aux appétits pervers d’aînés prédateurs. L’exemple de la petite Marie, rapportée par la presse nationale, abusée, partagée par des amants quadragénaires est un drame. D’autres tout jeunes sont déjà qualifiées de sexuellement actives. D’autres mineurs sont accusés de viols… sur mineures et libérés, rapporte-t-on, après signature de reconnaissance de dettes. Que valent ces reconnaissances ! Que valent ces dettes !
D’autres jeunes encore n’ont pour toute formation à la sexualité que ce que leur montrent les magazines et CD porno en vente libre. Dans le même temps, la prostitution se fait de plus en plus rampante, au vu et au su de tous, dans des lieux à grande fréquentation publique.
Au milieu de tout cela, on va bientôt, dit-on, légiférer sur l’avortement ciblant des cas spécifiques comme l’on fait, en temps de guerre, des bombes tueuses, lâchées par frappes dites chirurgicales. Ces frappes sont ainsi dites chirurgicales comme pour en atténuer l’oeuvre de mort. Mais elles ne le sont pas moins, pour autant.
Le vacuum social où l’on vit quant à l’accompagnement familial et social des familles et des enfants en détresse est encore très grand. Des enfants tout jeunes laissés-pour-compte. Des ménages éclatés. Mal recomposés. Des enfants sans enfance. Ceux à naître. Ceux déjà nés. Des droits élémentaires ne sont pas prioritaires pour tous. Logement. Santé. Éducation. Aménités sociales de base. Minima sociaux. Des droits d’exister. De vie. A préserver. A valoriser. A sauver. Avant les frappes chirurgicales assassines que l’on s’apprête à inscrire dans nos lois, il faut, sans doute, des « frappes » bien autres. Des « frappes » qui sauvent. Des « frappes » oeuvres de vie. Des actions qui « frappent » comme autant de prises en charge ciblées, prioritaires, sociales et familiales, pour beaucoup de nos jeunes enfants et de nos familles anéanties dans de grandes détresses matérielles et sociales.