La fête de Noël est aussi synonyme de partage, de générosité et de solidarité. Tout cela s’exprime de différentes manières, pour le plus grand bonheur des uns et des autres.
“Chaque année, nous organisons un déjeuner à l’intention de la Fondation Georges Charles.” C’est ce que nous confie Stella Casse, responsable du Club social du collège Lorette de Quatre-Bornes. Il ne s’agit pas uniquement de donner à manger, mais surtout de passer un moment avec les enfants. Idem du côté d’IBL Foundation, qui a organisé une collecte de jouets et de matériel scolaire dans tous les supermarchés Winners, le 10 décembre dernier.
Pour Stella Casse, rendre visite régulièrement aux bénéficiaires de la Fondation Georges Charles est une façon de montrer aux élèves du collège une autre facette de la société mauricienne, l’ONG accueillant des enfants handicapés. “Nous voulons leur montrer la chance qu’ils ont”, souligne notre interlocutrice. Elle affirme que c’est une grande joie pour les collégiennes de pouvoir d’abord se faire accepter par ces enfants, et également leur apporter un peu de bonheur chaque année. “Ils ont besoin de nous”, confie-t-elle.
Faire du bien.
Le président d’IBL Foundation, Nicolas Merven, se réjouit aussi de la solidarité qui a primé cette année. Se joignant à l’action Noël de l’espoir, des caddies ont été placés dans toutes les succursales des chaînes de supermarchés Winners. Le 10 décembre dernier, avec le soutien de volontaires et l’aide des employés, plus de 3,000 dons de matériel scolaire et de jouets ont été recueillis dans une cinquantaine de boîtes.
Pour Stella Casse, l’objectif d’une action de solidarité consiste à apporter un peu plus de bonheur aux autres. Nicolas Merven précise qu’elle sert aussi à apporter de l’aide à ceux qui en ont besoin. “Notre but est de toucher ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté. Pour beaucoup de familles, il est difficile d’acheter des cadeaux pour les enfants et encore moins du matériel scolaire pour les envoyer à l’école”. Il tient à remercier le public pour sa générosité, car ce sont surtout les clients qui sont à la base du succès remporté pour cette collecte. Nicolas Merven se dit heureux de pouvoir faire du bien aux autres.
Alléger la souffrance.
La solidarité envers les moins lotis de la société s’exprime également à travers l’action des ONG qui accompagnent les toxicomanes et leurs familles, ainsi que les travailleuses du sexe. Le Centre Idrice Goomany compte ainsi faire un don de matériel scolaire pour les enfants des bénéficiaires actuellement en traitement et placés sous méthadone. Des objets décoratifs pour la maison et des trousses de maquillage pour les mères sont aussi prévus. “Nous voulons leur apporter un certain soulagement et de la gaîté”, confie Imran Dhanoo, responsable du Centre, qui reconnaît que cela se fait très modestement.
Mais peu importe la valeur d’un cadeau, c’est le geste et la sincérité qui l’accompagne qui comptent le plus. “Nous voulons valoriser ces personnes qui sont dans la précarité. Beaucoup vivent dans des situations difficiles et nous avons voulu alléger quelque peu leur souffrance.” Une rencontre sociale est aussi prévue ce mercredi 21 décembre à leur intention au Centre de Plaine Verte. Lors de cette cérémonie, chacun recevra son cadeau.
C’est Noël tous les jours.
Lakaz A n’est pas en reste. Cette année, plusieurs activités sont au programme et les festivités ont déjà débuté. Les parents des bénéficiaires se sont retrouvés la semaine dernière pour partager une collation. Ragini Rungen souligne que ceux qui vivent dans la rue et qui, pour les fêtes, ne seront pas entourés de leurs proches, ont aussi le droit de connaître des instants de bonheur. C’est pourquoi une permanence sera assurée à Lakaz A pour les accueillir. “Ils n’ont pas de toit. Ici, c’est leur maison. C’est la moindre des choses d’être là pour les recevoir. On va partager ce que nous avons avec eux.” Ceci dans le droit fil de l’ONG, pour qui le “A” signifie “Amour”, “Amitié”, “Affection”. “C’est cela Lakaz A. C’est notre foi mais aussi notre mission de garder notre maison ouverte pour eux.”
Pour les deux ONG, le plus important est de témoigner de leur solidarité envers leurs “clients”, les valoriser et leur apporter un peu de bonheur. Cet élan de solidarité ne se vit pas uniquement en cette période de fêtes. Mais il s’exprime mieux, est plus visible, et renforce l’idée qu’on ne peut festoyer alors que notre voisin ou prochain est dans la peine. Comme le dit si bien cette chanson d’Odette Vercruysse, c’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin…
––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
C’est Noël tous les jours (Odette Vercruysse)
C’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme
Dans les yeux d’un enfant
C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes
Chaque fois qu’on s’entend
C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre
Et qu’on ouvre les mains
C’est Noël chaque fois qu’on force la misère
À reculer plus loin.
Refrain :
C’est Noël sur la terre chaque jour
Car Noël, ô mon frère, c’est l’Amour.
C’est Noël quand nos coeurs oubliant les offenses
Sont vraiment fraternels
C’est Noël quand enfin se lève l’espérance
D’un amour plus réel
C’est Noël quand soudain se taisent les mensonges
Faisant place au bonheur
Et qu’au fond de nos vies, la souffrance qui ronge
Trouve un peu de douceur
C’est Noël dans les yeux du pauvre qu’on visite
Sur son lit d’hôpital
C’est Noël dans le coeur de tous ceux qu’on invite
Pour un bonheur normal
C’est Noël dans les mains de celui qui partage
Aujourd’hui notre pain
C’est Noël quand le gueux oublie tous les outrages
Et ne sent plus sa faim.