Le Mauritius Council of Social Service (MACOSS) se concentre actuellement sur la réforme de cette organisation sociale. « C’est ma priorité, pas pour être imposée mais dans le consensus et le dialogue », a déclaré le président de ce mouvement, Geerish Bucktowonsing, lors d’une conférence de presse la semaine dernière. Il souhaite “walk the talk” et présenter très vite des propositions à ce sujet.
« Quel MACOSS pour l’île Maurice de demain ? Comment mieux travailler en faveur de la société avec une organisation qui est gérée sous des lois datant des années 70 ? Nous voulons semer aujourd’hui pour que l’on puisse parcourir les prochains 50 ans dans le même enthousiasme », a déclaré M. Bucktowonsing. Une réforme, dit-il, permettra au MACOSS de mieux atteindre ses objectifs.
En réponse à une question du Mauricien sur la performance du MACOSS ces dernières années et la raison principale derrière la réforme, il a pris pour exemple le nombre de crimes commis contre les femmes et le fait que le MACOSS collabore avec les initiatives prises de part et d’autre en vue de s’occuper de ce problème, dont « Because We Care. »
Pour le président du MACOSS, « il faut trouver le juste équilibre et humaniser la société lorsque le pays s’industrialise. » « Il y a beaucoup de raisons pour expliquer la montée de la criminalité mais on ne connaît pas vraiment ce qui provoque une telle violence à l’égard des femmes. Nous croyons dans l’éducation et dans le respect des femmes », a-t-il souligné, avant d’annoncer la tenue d’un symposium bientôt sur les crimes passionnels et la responsabilité parentale. « Comment les gens peuvent-ils changer en l’espace de quelques années ? De quel système d’éducation avons-nous besoin pour nos enfants ? Quel type de sensibilisation devons-nous mener ? Ce sont autant de questions auxquelles que nous aimerions trouver des réponses », a-t-il ajouté. Le MACOSS, dit-il, va toujours encourager les ONG à dire non à la violence contre les femmes et les enfants.
M. Bucktowonsing a poursuivi pour dire que la société mauricienne a évolué, les jeunes ne font plus partie des clubs et ne se réunissent plus dans les centres sociaux ou au coin des tabagies. « Aujourd’hui, ils voyagent aux États-Unis en un clic et en l’espace de secondes. Il y a un système de marché et le profit n’est plus tabou. Les goûts ont changé et de nouveaux problèmes ont émergé. Nous prenons conscience de tout cela. »
Pour Paramasiva Chengan, trésorier du MACOSS, la société civile est appelée à jouer un rôle de partenariat dans le développement du pays. « Il y a beaucoup à faire, beaucoup de problèmes de société, dont la pauvreté. Il faudra que la population soit rassurée qu’elle a une place convenable pour vivre dans la société », a-t-il dit. Allia Syed Hossen-Gooljar, vice-présidente du MACOSS, souhaite pour sa part que la voix des femmes soit mieux écoutée avec la réforme. Elle a estimé que le MACOSS n’est pas insensible à ce qui se passe dans la société mauricienne. « Kouma la sosyete morisyen pou ete dime pou depann lor kouma nou edik nou bann zanfan azordi », dit-elle.