Le service communautaire de l’Église adventiste, en collaboration avec l’ADRA (Adventist Development and Relief Agency), a récemment concrétisé un projet qui lui tient à coeur : une banque alimentaire en vue de lutter contre la pauvreté tout en éliminant le gaspillage de nourriture. Géré entièrement par des bénévoles, ce service opère depuis quelques mois à Phoenix. Elle collecte, gère et distribue des denrées alimentaires et des vêtements offerts par des donateurs.
Cette banque alimentaire est l’un des principaux projets du service communautaire de l’Église adventiste pour combattre la pauvreté à Maurice. Elle vient renforcer le service d’un réseau associatif local et concentre ses moyens sur la centralisation des vivres et leur conservation. « Nous avons démarré la banque alimentaire il y a quelques mois. Nous n’avons qu’un souhait : qu’il grandisse rapidement », confie au Mauricien Antonio Lamarque, le directeur du service communautaire. Et d’ajouter : « Nous constatons trop de pauvreté à Maurice et à Rodrigues. À travers cette structure, nous essayons de donner aux familles dans le besoin ce qu’il leur faut pour s’en sortir. »
La banque alimentaire, située à l’arrière de l’église adventiste de Phoenix, agit comme intermédiaire entre des fournisseurs de vivres – entreprises, particuliers… – et des organisations et associations venant en aide aux familles pauvres. « Nous ferons bientôt une demande auprès des supermarchés pour nous fournir des produits. Grâce à nos bénévoles nous obtenons déjà des aliments de base auprès de ces établissements », poursuit Antonio Lamarque.
La banque alimentaire dispose d’un comptoir d’accueil et d’administration géré par une permanence sept jours sur sept. Deux salles de stockage reçoivent les dons : une pour la nourriture et une pour les vêtements et autres produits. Si les rayons dédiés aux vêtements débordent, ceux des produits alimentaires sont relativement moins garnis. Toutefois, les concepteurs de la banque alimentaire ne désespèrent pas d’attirer davantage de dons. À ce jour, le centre dispose d’un stock de farine, de riz, de pâtes, de sucre et de sel, d’huile, de conserves ainsi que de plusieurs variétés de grains secs.
Collecte annuelle
Des chômeurs, retraités, étudiants, handicapés, sans domicile fixe et des familles démunies sont parmi ceux qui bénéficient de l’aide de la banque alimentaire de l’Église adventiste. La distribution se fait à travers des associations humanitaires, organismes sociaux et centres d’aide ou d’accueil. « Nous avons aussi la chance de recevoir l’aide du gouvernement qui est à l’écoute de nos projets sociaux », confie le directeur du service communautaire. Le soutien des autorités a en effet été obtenu pour agir comme intermédiaire entre la banque et des commerçants importateurs/distributeurs alimentaires. La banque alimentaire organisera une fois par an une grande collecte de produits non périssables auprès du public et de grands magasins. Celle-ci se fera principalement durant les vacances scolaires avec la participation de jeunes qui sensibiliseront le public sur les objectifs du concept. Outre cette campagne annuelle, un accord sera signé prochainement entre la communauté adventiste et des grandes surfaces pour obtenir des aliments. Le public peut aussi apporter sa contribution sur une base régulière.
Cette action s’inscrit dans la politique du service communautaire adventiste de lutter contre le gaspillage. Afin d’améliorer le fonctionnement de la banque alimentaire, Antonio Lamarque souligne la nécessité de se doter d’un système de gestion informatique de stockage. « Nous comptons également avoir un véhicule pour pouvoir intervenir à travers le pays », conclut-il. Les concepteurs de la banque alimentaire ont identifié quatre secteurs géographiques de concentration de la pauvreté.
Lutte contre le gaspillage
Les premières banques alimentaires ont été créées aux États-Unis à la fin des années 1960. La première food bank a ouvert à Phoenix en Arizona en 1967. C’est à John Van Hengel, bénévole dans une soupière populaire que l’on doit la création de cette structure. « Apprenant que des commerces jetaient de la nourriture consommable à raison d’une péremption proche ou d’emballages endommagés, il a persuadé les commerçants de faire don de ces aliments à des fins humanitaires », explique Antonio Lamarque.
« John Van Hengel avait réussi à collecter tellement de dons d’aliments que l’association dans laquelle il oeuvrait ne pouvait plus gérer toutes ces marchandises. Il a alors décidé de créer un entrepôt central pour stocker ces denrées et auprès duquel les autres associations humanitaires pouvaient s’approvisionner gratuitement. » Cette première banque alimentaire est toujours connue sous le nom de la St Mary’s Food Bank.
En 1976, le gouvernement fédéral a accordé une aide à la banque alimentaire créée par Van Hengel dans le but de lui permettre d’étendre le modèle à tout le pays. La même année, une réforme fiscale a donné un coup de pouce décisif aux banques alimentaires en rendant plus avantageux le don de leurs produits par les entreprises. « J’espère que Maurice suivra ce magnifique parcours ! » conclut Antonio Lamarque.