Durant ces 20 derniers jours, quatre jeunes ont été officiellement portés disparus. Fugue ou “foul play” ? Les enquêtes se poursuivent. Cependant, concernant le phénomène de la fugue, nos interlocuteurs sont unanimes : « De plus en plus de jeunes ont recours à cette méthode, et pour diverses raisons. »
Les jeunes sont donc de plus en plus nombreux à fuguer. Un comportement qui, dans notre société, tend aujourd’hui à se normaliser. C’est du moins ce que constatent nos interlocuteurs, à l’instar du sociologue Ibrahim Koodruth, d’une animatrice d’un centre spécialisé pour enfants à problèmes, Sehenaz Hossain Saheb du CEDEM, et de la psychologue Véronique Wan Hok Chee.
Sont ainsi invoquées la recherche des plaisirs nouveaux et interdits, le désir de faire peur et de donner du souci aux proches et parents, en guise de « revanche » parce qu’ils ont mal digéré un traitement jugé sévère, ou encore l’envie d’expériences inédites, entre autres.
À la base de tout, s’accordent I. Koodruth, S. Hossain Saheb et V. Wan Hok Chee : « Le manque de dialogue entre parents et enfants. » Si, d’une part, certains jeunes se retrouvent au sein d’une cellule familiale trop permissive, d’autres, en revanche, évoluent dans un foyer où la discipline et la sévérité sont trop fortes. Une chose également à tenir en ligne de compte : le fait que les rares cas qui sont évoqués dans les média sont, selon nos interlocuteurs, toujours, «the tip of the iceberg… Les fugues sont très, très nombreuses. Mais les parents vont rarement jusqu’à les rapporter à la police, par crainte de qu’en dira-t-on dans le voisinage…»
Dénominateur commun à ces jeunes : l’option de la fuite. Mais, préviennent nos interlocuteurs, « il faut rapidement se ressaisir, parents comme société civile, car sans un sursaut dans le bon sens, nous allons vers une normalisation de ce type de comportements ».