L’enjeu des femmes au sein des entreprises est toujours au centre des débats de société. Deux femmes chefs d’entreprise confrontent leurs regards et expériences sur la question. Isabella Lenarduzzi (fondatrice de la société JUMP) est une militante de l’entrepreneuriat au féminin en Belgique. La femme d’affaires mauricienne Christine Rochecouste-Collet Salaün est General Manager de Create Worldwide Ltd. Elles font un état des lieux de la situation des femmes dans l’industrie et du meilleur moyen de faire valoir plus de mixité professionnelle.
Nous vivons dans une société où la création d’entreprise est indéniable. Cependant, l’entrepreneuriat féminin peine à s’imposer. “Devoir encore débattre de ce sujet en 2017 est chagrinant”, constate Christine Rochecouste-Collet Salaün. Car malgré une évolution positive, on note une progression longue dans une société dite libérale. Parallèlement, bien que le combat pour la parité des sexes dans les entreprises ait commencé depuis plus de cinquante ans en Belgique, “les discriminations sont toujours présentes, mais très subtiles”, observe Isabella Lenarduzzi.
Pour se construire en tant que chef d’entreprise, Isabella Lenarduzzi a dû se recentrer sur un leadership authentiquement féminin. La faute aux perceptions arbitraires dans la société. Dans son histoire d’entrepreneuse, “être femme n’a jamais été une barrière pour m’empêcher de faire ce que je voulais”. Se retrouver en tant que leader a été plus difficile. Étant amenée à conclure des partenariats avec des hommes au début de sa carrière, “j’avais la perception que pour être un leader, il fallait adopter la même attitude que les hommes, sauf que ça dénaturait qui j’étais. Mes acolytes masculins pouvaient se permettre d’être cassants et autoritaires, mais étaient toujours respectés et aimés. Avec la même attitude, j’étais crainte et détestée”.
Dans sa démarche d’authenticité, Isabella Lenarduzzi comprendra plus tard “qu’on attend d’un leader qu’il se comporte en leader, mais c’est en opposition à ce qu’on attend d’une femme”. Elle a trouvé un juste milieu en arrêtant de se calquer sur un modèle.