Tout en étant ancrés dans l’ère nouvelle, ils reprennent un mode de vie à la “Baba cool” pour affirmer aussi bien leur philosophie que leur vision de la vie. Dans un foisonnement de couleurs et à travers des tenues vestimentaires hors normes, ces jeunes femmes et hommes repoussent les limites et les contraintes du système pour jouir d’un plus grand espace de liberté. Loin d’être individualistes ou marginaux, ils s’engagent, s’ouvrent aux autres, partagent leurs connaissances, leurs convictions spirituelles et fraternisent dans un cadre qui favorise l’épanouissement et le respect de chaque individu. Militants des droits humains, oeuvrant pour le respect de la terre et de l’environnement, ils sont aussi de jeunes professionnels souvent doués dans leurs domaines respectifs qui ont rompu avec les codes conventionnels pour permettre au monde de se réinventer. Rencontrés séparément, quelques-uns de ces nouveaux hippies partagent leur vision avec Scope.
L’an 2002. Cela fait trois mois que Zoë Rozar, 21 ans, est cloîtrée seule chez elle. Cette étudiante en archéologie à l’Université de Manchester en Angleterre médite intensément sur ce qu’elle veut faire de sa vie. Celle-ci se résume pour l’heure à une suite de devoirs et d’obligations. Ses frustrations, elle les a exhibées dans des manifestations dénonçant les injustices. Toutefois, elles n’ont servi à rien ; le public n’a pas adhéré, les autorités encore moins. Ses interrogations demeurent donc sans réponses. Peut-être se pose-t-elle les mauvaises questions sur sa vie, se dit-elle. “Je me suis donc demandé : quel visage voudrais-je avoir au moment de ma mort ?” C’est en pensant à ses dernières heures que la jeune femme a trouvé sa réponse sur la vie. “Quand ce sera la fin, je veux pouvoir sourire !”